Santa Rita

Lorsque la Charte de la Terre parle de “créer et de sauvegarder des réserves naturelles et biologiques viables”, et de “gérer l’utilisation des ressources renouvelables telles que l’eau, la terre, les produits forestiers et la vie marine en utilisant des procédés qui [...] protègent la santé des écosystèmes, il peut sembler que ce genre d’initiative ne pourrait être prise que par un gouvernement ou une grosse ONG. Préserver une forêt ou en planter une nouvelle est quelque chose qui requiert des millions de dollars, de nouvelles lois et le support de toute sorte d’organisations internationales, non?

Et pourtant, lorsque nous sommes arrivés au Chiapas, dans le Sud du Mexique, nous avons rencontré une femme qui fait tout cela toute seule, sans gouvernement, sans organisation officielle et sans dépenser un million de dollars – une femme qui plante des arbres avec sa famille dans un endroit qui en a besoin. Elle fait cela parfois au péril de sa vie, face à des obstacles énormes.

Nous vous présentons Eufemia Herandez Sanchez, une mère et gérante d’un petit magasin qui a replanté plus de 200 hectares dans le Sud du Mexique. En fait, cette initiative a été lancée par son frère, peu après qu’ Eufemia et sa famille aient été déplacées par le gouvernement dans le village de Santa Rita, suite à la construction de la centrale nucléaire Laguan Verde dans leur région natale de Vera Cruz.

Afin de survivre dans une région recouverte de forêt tropicale primaire et dans un hameau à 5 jours de marche du bourg le plus proche, les gens ont coupé les arbres pour créer des champs afin de planter des haricots et du maïs et du pâturage pour leurs animaux. Le bois de la forêt fut utilisé pour construire les maisons et pour la cuisine.

Le seul problème était que, comme pour toute forêt équatoriale et tropicale, le sol de Santa Rita est très pauvre en nutriments et bien souvent, doit être laissé en désuétude après quelques années de culture. La même chose se produit au Brésil et en Indonésie par exemple – une sorte d’ironie écologique où les écosystèmes les plus complexes au monde ne sont pas de bonnes terres pour l’agriculture.

Ce qu’il se passe ensuite est assez évident – lorsque la terre ne produit plus après quelques années, on coupe de nouvelles sections de la forêt, puis on les brûle et on sème, les anciens champs sont laissés en pâture aux animaux ou tout simplement abandonnés ne pouvant plus être utilisés pour une quelconque forme d’agriculture. La désertification est le résultat de ce processus, un phénomène qui menace plus de 38% de la surface terrestre de notre petite planète.

Mais pas à Santa Rita. A Santa Rita, sans l’appui du gouvernement, sans programmes internationaux comme REDD+, sans organisations ou conventions internationales de conservation, Eufemia plante des arbres. Petit à petit, la terre ne pouvant plus être utilisée pour l’agriculture est recouverte d’arbres par Eufemia et sa famille, malgré le meurtre de son frère pour ses projets de reforestation, malgré la peur pour sa propre vie, elle continue de planter des arbres. Elle a déjà replanté plus de 200 hectares, et elle en plante plus chaque année.

S’il y a un meilleur exemple de ce qu’une seule personne est capable de faire pour la planète, nous ne le connaissons pas. Le fait est que nous pouvons tous faire la même chose, nous pouvons tous faire quelque chose pour la planète, pour nous et pour les futures générations, il suffit juste de le vouloir.

7 Responses to Santa Rita

  1. Kathryn Meyer says:

    As usual, you have given us a beautiful presentation of an inspirational message. Thank you.

  2. Gordon Magill and Linda Marie Cossa says:

    Your Santa Rita film is a beauty! Its a tantalizing, visually luscious appetizer for what might be a much fuller, longer documentary. Your film-making and certainly your editing shows leaps and bounds of new technique and innovations!
    We can’t wait to see the next one! Gracias!

  3. Gracias guys! We agree about Santa Rita – there was more than enough material in Eufemia’s story for a full-length film. I don’t know if you guys know the book “The Man Who Planted Trees”, but we saw a film of it the other night, and the story of an anonymous peasant in the alps planting forests and changing his whole region really reminded both of us of Eufemia – we just hope our little video captured a fraction of how inspiring she is!

    Happy Thanksgiving to you guys as well, and tell Charlie (and the parents too we suppose…) we say hi!

    -Dave & Anna

  4. Dan says:

    Love that update. My favorite so far. Beautiful filming and sound that transports you to the place.

  5. Thanks Dan! You’re still our number one fan – now what’re you doing about getting us on the Today Show?

  6. I am starting a new website and business to help raise global consciousness of all the many simple and very little things we can do to help change the world by the way we think and do things which will, in turn, impact change. I appreciate your video documentary and would love to see more like it and be able to post them on my new website to further spread the word about what can be done by all of us globally with or without the help of governments, institutions and by any individual no matter what age , race, sex, country, location or religious denomination. Feel free to contact me as per your own goals and purposes in this regard. When my website is complete, I will make sure you can view it. Thanks much for all you’ve done.

  7. Pingback: The end? | permacyclists

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