Viajero Sustentable

Nous n’étonnerons personne en disant que le voyage est un sujet qui nous passionne. Nous nous sommes rencontrés en voyage, nous avons visité 9 pays lors de notre voyage de noces, nous avons passé plus de 30 mois d’affilés à voyager en Afrique et en Amérique Latine – nous aimons vraiment être sur la route.

Par ailleurs, le voyage peut être une belle chose pour l’environnement. Découvrir les beautés naturelles du monde peut réellement amener les gens à apprécier la planète d’une manière beaucoup plus vive qu’en la découvrant via des photos ou des vidéos. Et bien sûr, la même chose est vraie pour la destruction environnementale. La première fois que l’on voit de près un morceau de forêt complètement déforesté, cela fait un vrai choc; se trouver au pied d’un glacier qui n’est plus que l’ombre de lui-même nous touchera de manière beaucoup plus profonde que de regarder une photo de ce glacier dans un livre sur le changement climatique.

Mais le voyage peut aussi être une chose terrible pour l’environnement. Le tourisme de masse est une force destructrice. Comment un écosystème fragile tel que celui des îles Galapagos par exemple, peut-il s’adapter aux déchets, au bruit, et à la simple présence de millions de visiteurs par an? De Zanzibar à l’Amazonie, les histoires d’hotels qui déversent leurs déchets directement dans les eaux locales ou de touristes qui participent dans le commerce d’animaux en voie de disparition sont trop nombreuses pour être comptées. Nous nous sommes demandés sans cesse si par le simple fait d’être dans un endroit superbe et spécial, nous ne contribuions pas tout simplement à sa destruction.


Mais voici Elizabeth et Alejandro, les Viajeros Sustentables (Les Voyageurs Durables), un couple mexico-argentin qui voyage à travers toute l’Amérique Latine pour définir précisément ce qu’est le voyage durable. Ils font le compte-rendu de leur voyage sur leur site viajerosustentable.com, avec le but de créer le premier guide en ligne de voyage durable en Amérique Latine, et de démontrer qu’il est possible de voir le monde sans le détruire.

Et qu’est-ce donc le voyage durable? Pour les Viajeros, cela vient de deux côtés, celui du voyageur autant que de celui de l’agence de tourisme local. Un véritable voyageur durable, selon le site des Viajeros est celui qui “engage des guides locaux, achète des produits et des services locaux, et ne négocie pas à outrance avec les artisans locaux (la valeur de leur travail peut parfois être sous-estimée et nous finissons par payer moins que ce que leur travail vaut réellement.)…” Par ailleurs, un voyageur durable respecte les lieux qu’il visite. “Il s’habille en respectant les moeurs locales (afin de ne pas offenser la population locale), il limite sa participation aux rituels et festivités (ne pas s’impliquer à moins d’être invité), et est ouvert à la culture locale (nourriture typique, festivals, danses, vêtements, musique, religion, etc)…”

Ce qui nous a frappé en lisant la définition des Viajeros, c’est qu’un voyageur durable est probablement aussi un voyageur plus heureux. Combien de fois n’avons nous pas rencontré des touristes qui sont désespérément à la recherche d’une expérience authentique de la culture locale, et qui pourtant ne font que voyager avec des compagnies touristiques européennes ou Américaines, coincés toute la journée dans une voiture conduite par un guide étranger, et ne rencontrant la population locale lorsqu’elle leur sert à manger ou à boire.

Qu’en est-il de l’autre côté, celui des sociétés? Une société de tourisme durable est selon les Viajeros, une société “ qui encourage l’économie locale, créant des emplois dignes pour les gens,” “qui respecte et donne de la valeur aux traditions, coutumes et code éthique des communautés locales”, et qui “ne génère pas d’impact environnemental négatif, conserve les aires naturelles et respecte les ressources que la localité a à offrir.”

Ceci peut parfois être catastrophique bien sûr. “Le tourisme écologique est devenu très à la mode et beaucoup d’endroits s’autoproclament “écologiques” pour des raisons économiques, alors qu’ils n’ont aucun intérêt ou action concrète en la matière” nous expliquent les Viajeros. Ce qui est évidemment tragique vu que le tourisme non-durable fait réellement du mal à beaucoup de communautés. “Nous avons vu énormément de communautés avec une richesse culturelle énorme qui sont en train de perdre leurs traditions et leur mode de vie traditionnel après s’être ouverts au tourisme. Ils perdent leur langue, habits, célébrations, etc. pour s’adapter à la culture du touriste. Dans d’autres situations, le tourisme communautaire, bien géré, parvient à l’opposé en rendant le tourisme un moteur pour la réaffirmation de la culture et l’identité.”

Ce qui est génial avec le projet des Viajeros c’est qu’ils trouvent les personnes qui ont les bonnes pratiques et ils le partagent avec tout le monde – et lorsque le voyage durable se déroule bien, il peut être incroyable…Un exemple dont Elizabeth et Alejandro nous ont parlé et celui d’une coopérative à Oaxaca, Mexico appelée “Lagarto Real”. “ Il y a quelques années, cette communauté, connectée aux grandes mangroves, a decide de chasser et commercialiser le crocodile. Lorsque les animaux ont commencé à disparaître, les gens se sont rendus compte que leur activité n’avait pas d’avenir, que ce n’était pas durable. Ils ont donc décidé de faire un virage à 180 degrés dans leurs actions, et de garder l’animal comme une source d’argent, mais avec une autre vision. Qu’ont-ils fait? Ils ont déclaré une réserve naturelle pour protéger les crocodiles et ont commencé à offrir des tours guidés des mangroves aux milliers de touristes qui viennent dans la région. Leur nouvelle approche conserve la biodiversité en même temps qu’il développe une activité réellement durable.” L’environnement va mieux, la communauté est plus résiliente, tout le monde y gagne.  “Ceci est un bon exemple de comment une activité destructrice peut être transformée en une activité qui est durable écologiquement, socialement et économiquement.” Ce qui veut dire que même les pires endroits peuvent devenir les meilleurs s’ils savent comment le faire.

Parfois, comme voyageur, il est difficile de ne pas se rendre compte que pour voir le monde, nous sommes presque obligés de le détruire. Les Viajeros Sustentables travaillent à l’encontre de cela cependant. A travers leur guide de voyage, les ateliers qu’ils organisent sur le tourisme durable dans les communautés locales rencontrées en chemin, les histoires et photos qu’ils partagent sur leur site, ils montrent comment le voyage pourrait être. Grâce à eux, le jour où nous pourrons voir le monde sans le détruire est chaque fois un peu plus proche.

One Response to Viajero Sustentable

  1. Querubina says:

    Hola, este es un sitio formidable, lo he marcado para visitarlo nuevamente, muy eficaz , gracias.

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