Desgua

Il y a des problématiques qui donnent des maux de tête avant même d’avoir commencé à en parler. La question de la migration est précisément ce genre de problématique et elle est, par ailleurs, très liée à l’environnement.

C’est pour cela que nous étions particulièrement curieux de découvrir l’association DESGUA lors de notre séjour dans la ville de Quetzaltenango, au Guatemala, qui travaille avec des migrants aux USA et au Guatémala.

Il ne nous a pas fallu longtemps pour comprendre que le projet mené par DESGUA constitue une réponse particulièrement intelligente à cette épineuse question. En cherchant, dans les termes de la Charte de la Terre, à « bâtir des sociétés démocratiques, justes, participatives, durables et pacifiques », à « éradiquer la pauvreté en tant qu’impératif éthique, social et environnemental » et à « défendre le droit de tous les êtres humains, sans discrimination, à un environnement naturel et social favorisant la dignité humaine [...] en portant une attention particulière aux droits des peuples indigènes [...]”, cette jeune association rentre parfaitement dans le cadre de la Charte.

Comme l’explique Willy Barreno, le co-fondateur de DESGUA, l’association a pour but final d’éviter l’émigration de milliers de Guatémaltèques qui, chaque année, partent chercher de meilleures conditions économiques aux Etats-Unis.

Pour ce faire, DESGUA s’est organisé des deux côtés du Rio Grande. D’un côté, l’association travaille avec les émigrés déportés des Etats-Unis et qui reviennent sans rien au Guatemala, parfois après avoir passé leur vie dans une culture qui est devenue la leur. De l’autre côté, l’idée est d’aider les émigrés Guatémaltèques qui vivent aux Etats-Unis mais qui ont du mal à trouver un travail digne et surtout de rester fiers de leurs origines.

Comprenant parfaitement que les causes de la migration sont nombreuses et complexes, DESGUA au Guatemala travaille sur deux fronts : l’économie et l’éducation, les deux piliers d’un pays durable et autonome. Il s’agit donc de travailler une économie alternative et solidaire qui créé les conditions de l’auto-suffisance, via le commerce équitable renforçant les relations entre les paysans et les citadins.

Quant à l’éducation, elle est mise en valeur via des formations organisées par les ex-migrants qui peuvent ainsi enseigner à leurs compatriotes ce qu’ils ont appris aux Etats-Unis. Ainsi, les cours de cuisine, de charpenterie, de poésie, de hip-hop, etc rencontrent un grand succès et ont permis à beaucoup de Guatémaltèques de comprendre ce que DESGUA veut dire par « concrétiser le rêve guatémaltèque ».

Lorsque nous étions à Quetzaltenango pour rencontrer Willy et son équipe, nous avons vu une petite partie du travail de DESGUA notamment sous la forme du Café R.E.D, un café où l’on sert de la nourriture fraîche préparée avec des ingrédients achetés directement aux communautés rurales de la région et faite par Willy, qui était chef cuisinier aux Etats-Unis, et ses élèves.

Le Café est également un centre culturel où se donnent concerts, projections de film et expos mettant en valeur les nombreux talents locaux dans des domaines artistiques divers. Il s’agit aussi d’un espace de rencontres où les communautés peuvent se réunir pour discuter de leurs rêves et de leurs projets.

Derrière le restaurant, il y a un magasin de produits locaux issu du commerce équitable. Le rêve de Willy est qu’un jour prochain, ces produits de qualité fabriqués par des Guatémaltèques seront consommé par des Guatémaltèques.

Il y a des nombreuses autres actions menées par DESGUA qui sont expliquées plus en détails sur leur site www.desgua.org et qui démontrent à quel point Willy et son équipe connaissent bien le sujet de la migration. La diversité des réponses offertes par l’association répond réellement aux besoins des migrants comme des ex-migrants en passant par ceux qui pensent à émigrer.

Loin des clichés et des discours paternalistes – et souvent hypocrites -, DESGUA adopte un langage sensé qui inclut tout le monde et qui prend en compte aussi bien les réalités sociales qu’environnementales proposant ainsi un modèle qui pourrait s’exporter facilement.

D’ailleurs, de nombreux pays ont déjà envoyé des délégations à Quetzaltenango pour s’inspirer de ce nouveau modèle. Un projet à découvrir de toute urgence !

2 Responses to Desgua

  1. Terri Gallen Edersheim says:

    How fantastic! I wish this could work for the women I see. They are never happy immigrating, it is a last resort move, and only the better choice of bad ones. This country is not the shining light, for these women, there is no great American dream, just a very bad deal.
    I think the big difference between the immigrants looking for asylum that I see and this immigration issue is the basic reason which for African women is their place in a culture of violence towards women, versus simply (which is not simple at all) an economic motivation. I have really not seen many South or Central American women in the same trouble despite a predominantly male culture as well. Do you think? It is also true that this decade and the last have been times of more violence on the whole…wars and regime changes in Africa than in SA or CA. I think it is a great program which I wish could be done for the women I see, but a bigger cultural change is needed there first.
    This may be the exception to the intact culture rule we discussed
    Congrats on the video, it was great!
    Love Terri.

  2. Immigration is definitely a last result for many people, no one does it unless they have to. Most recent immigrants from SA and CA are for economic reasons, we would agree with that too. At the same time though, the folks in the video migrated during the period of violence in Guatemala and El Salvador. One was an ex-guerrilla, another brought over by his parents fleeing the violence. So many people are still in the US from those times, and it’s nice to see that people like the folks at DESGUA are now reaching out to them and trying to make sure they have dignified work, that they don’t lose their roots, and that they can come home if they want to. As Willy says, “It’s the world’s largest study abroad program” – what a great bit of positive thinking, no? And from people who have suffered so much – one of those moments we sit down and think… well… what’s our excuse? why don’t we do more when we have so much!

    Thanks for your comment, glad you liked the video!

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