Le Mozambique

Le Mozambique est un pays énorme, beau et fascinant. Au sud, il y a Maputo, avec sa scène artistique développée, et les plages de rêves qui font venir des milliers de Sud-Africains à la moindre occasion. Au Nord, il y a une nature encore très présente (des lions et des éléphants s’y promènent encore en liberté) et des populations très peu touchées par le développement.

De manière générale, les traces de 20 ans de guerre civile sont encore assez présentes (surtout dans le Nord) et voyager au Mozambique est probablement l’expérience la plus “authentique” qu’il est possible d’avoir dans cette partie-ci de l’Afrique. C’est au Mozambique que nous avons le plus souvent eu à faire à des militaires nous demandant à voir nos papiers, des hôtels les plus chers et surtout les plus pourris, des toilettes révoltantes, des situations assez violentes (rien de grave mais la violence dans la rue dans un pays africain en paix est rare) et de manière générale, des situations inexplicables même à l’aune de ce que nous avons appris sur la culture locale.

Ce qui est chouette au Mozambique c’est que c’est un pays qui n’est pas sur les sentiers battus par les touristes et qu’il est possible d’avoir des sites UNESCO (comme Ilha do Moçambique) à soi tout seul en basse saison et d’être le premier blanc à passer dans un village depuis quelques années.

Si vous décidez de partir découvrir le Mozambique à vélo, je vous conseille de prévoir pas mal de temps pour le faire (les distances sont énormes avec 2700 km de côtes), de ne pas acheter le Lonely Planet pour ce pays car il est complètement inutile voire pire et surtout, surtout de ne pas y aller pendant la saison des pluies.

Ah oui, le Mozambique est le seul pays où nous avons amèrement regretté de ne pas avoir demandé notre visa à l’avance: au poste-frontière, il coûte 82 $ par personne pour un mois (renouvelable pour 10 ou 15 $). Il semble que ce prix varie en fonction du poste d’entrée mais je ne prendrais pas de risque.

La route: Nous sommes arrivés du Swaziland via le poste-frontière de Goba de là, nous avons pédalé jusque Maputo en partie via l’autoroute – nous voulions prendre un détour via la campagne au Sud mais il n’y a pas de banque avant la ville de ….. De Maputo, nous avons suivi la N1 jusqu’à Inhambane qui est une ville bien sympa. Tofo est à 20 km de là. A cause de la saison des pluies, nous n’avons même pas pensé à emprunter les routes secondaires. D’Inhambane, nous avons pris le bus (sur lequel il est très facile de mettre un vélo mais c’est assez cher. En fait, prendre le bus au Mozambique est cher) jusqu’à Quelimane à cause des pluies qui rendaient notre voyage à vélo vraiment pénible. De Quélimane nous avons à nouveau suivi la N1 jusqu’à Nampula où la roue arrière de Dave a rendue l’âme. C’est donc là que nous nous sommes arrêtés de pédaler. Nous pensions remonter la N1 jusqu’à Pemba et de là, bifurquer vers l’Ouest pour Lichenga où il est possible de prendre un bateau jusqu’au Malawi. Si vous voulez en savoir plus sur la partie du trajet que nous avons faite en bus et puis sur la route vers le Malawi en passant par Tete, vous pouvez lire le récit d’Eric et Amaya sur worldbiking.

L’état des routes: La N1 est goudronnée jusqu’à Pemba en tout cas. Je pense que c’est le cas des autres routes majeures du pays. Les routes secondaires sont soit en sable soit en terre battue, je dirais qu’elles sont impraticables pendant la saison des pluies – décembre à avril. Mis à part les premiers 150 de km en dehors de Maputo, le trafic n’est pas trop horrible. De manière générale, le cycliste est censé se jeter dans les buissons dès qu’une voiture approche.

Chiens et autres animaux: Les chiens ne sont pas un problème, ils sont aussi affamés que leurs maîtres. Par contre, dans le Nord, sur la route allant de Pemba vers Litchenga, il y a encore pas mal d’animaux sauvages qui se promènent. Nous avons entendu l’histoire d’un cycliste (rencontré par des amis) qui a été attaqué par un groupe d’hyènes alors qu’il pédalait dans à la tombée de la nuit. Il a été sauvé in extremis par des villageois avant d’être rapatrié par hélicoptère en Afrique du Sud où il a passé trois mois à l’hôpital. Bref, il faut faire gaffe!

Nourriture: Le Mozambique se distingue de ses voisines par plusieurs choses: des fruits exotiques abondants (surtout dans le Sud où il est possible d’acheter des kilos de fruits pour quelques centimes), des petits pains à l’européenne en vente partout et un plat national “le matapa” qui est absolument délicieux. Il s’agit d’une combinaison de feuilles de manioc, de lait de coco et de poudre de cacahouètes servi avec du riz ou du nsima (la pâte de maïs qu’on trouve partout ailleurs). En terme de nourriture pas trop chère, il est possible de trouver des croque-monsieur un peu partout dans le sud. Il y a beaucoup de poissons et de crustacés ainsi que des poulets-frites mais tout cela coûte très cher.

Logement: Aaah, le logement au Mozambique… Je vous recommande vivement de prendre votre tente. De tout notre voyage, jamais nous avons vu une telle succession d’hôtels pourris à des prix défiant l’imagination. Nous n’avons pas vu d’eau courante pendant 5 semaines et les coupures de courant régulières rendent la vie un peu plus difficile. Il faut aussi savoir que le Nord du Mozambique est l’une des régions les plus pauvres que nous ayons visités et c’est très difficile de voir pendant des semaines d’affilés des millions de gens vivre dans une abjecte pauvreté. Il est possible de planter sa tente dans les villages, il suffit de demander. Il est vivement recommandé d’apprendre quelques phrases essentielles en Portugais. Au Nord, le Portugais n’est pas aussi bien connu qu’au Sud (et encore moins l’Anglais).

Coût de la vie: Le Mozambique est le pays le plus ridiculement cher que nous ayons vu. De la nourriture au logement en passant par le transport, tout coûte ridiculement cher. Nous n’avons jamais compris comment les locaux pouvaient se permettre de prendre le bus. Il faut vraiment lutter pour rester dans un budget. Cuisiner pour soi, camper et pédaler sont probablement le moins cher.

L’accueil par la population locale: Au Sud, absolument parfaite. Nous avons été bien accueillis partout et nous pensions même que les Mozambicains étaient presque aussi accueillants que les Tanzaniens. Nous avons campé chez les habitants quasiment tous les soirs et nous avons passé de très bonnes soirées. Au Nord, nous avons eu beaucoup plus de mal à établir des contacts avec les locaux. Nous avions l’impression que si nous avions expliqué venir de Pluton en ami, la réaction aurait été la même. Beaucoup d’enfants s’enfuyaient en courant et les adultes ne savaient pas comment nous traiter. Une expérience pas trop agréable où nous nous sentions forts isolés.


One Response to Le Mozambique

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