La Zambie

La Zambie n’est probablement pas une destination en soi et j’imagine que les cyclistes qui y passent sont souvent en route pour des destinations plus lointaines. La Zambie est paraît-il un très beau pays si vous êtes prêts à payer des milliers d’euros pour visiter les parcs nationaux qui le parsèment. De notre côté, vu notre budget rikiki nous ne nous sommes offerts “que” les chutes Victoria (du côté Zambien, 20 $ par personne) à la fin du voyage. Et c’était génial! De manière générale, je dirais que faire du vélo en Zambie est très monotone voire pénible si vous avez un vent de face en plus, mais les Zambiens sont super et ne manqueront pas de mettre du piment dans le quotidien du cycliste.

Le trajet: Nous avons traversé la frontière à Tunduma en Tanzanie (visa 50$ pour 3 mois mais il faut se rendre à un bureau de l’immigration – dans les grandes villes- tous les mois pour prolonger. C’est un peu pénible) et avons pris la route principale allant jusqu’à Isoka. Sur conseil de certains employés du camping “King’s Highway” à 60 km après la frontière, nous avons suivi une piste (en sable fin à certains moments) jusqu’à Kasama. De Kasama, nous avons suivi la Great North Road jusqu’à Lusaka en passant par Mpika. De Lusaka, nous avons à nouveau suivi la route principale jusqu’à Livingstone. De là, nous avons pédalé jusqu’à Sesheke à la frontière Namibienne. Nous avons traversé le Caprivi strip en Namibie et sommes rentrés au Botswana à Mohango/Mohembo.

Les routes: Pour une question de temps, nous avons essentiellement suivi les routes en goudron qui sont en très bon état. Il n’y avait quasiment pas de trafic de la frontière Tanzanienne jusqu’à Mpika. De Mpika à Kapiri Mposhi, le trafic est passable mais nous avons pris un bus de Kapiri Mposhi à Lusaka (assez cher mais c’est mieux que de passer deux jours sur cette horrible route pleine de camions). Nous avons aussi fait trois jours sur piste dans la province du Nord. Cela nous a permis d’avoir de belles vues de la campagne zambienne qui n’est pas sans charme et de passer par des petits villages sympa, parfois les pistes étaient pleines de sable et il fallait pousser les vélos. Il y a plus d’info sur les routes en Zambie sur www.ibike.org. Il faut aussi savoir que la Zambie est traversée par des milliers de petits cours d’eau. Si vous prenez les routes secondaires vous allez probablement devoir utiliser des ferry. Nous avons été complètement arnaqués par celui qui se trouve sur la route d’Isoka. Nous avons dû négocier pendant longtemps et avons tout de même dû payer 10 fois le prix local. On nous a dit par après que c’était un phénomène connu pour les Blancs. Il est difficile de bien négocier vu la position de faiblesse dans laquelle on se trouve et personnellement, l’expérience m’a laissée un goût amer dans la bouche. Un cycliste averti en vaut deux!

Chiens et autres animaux: Rien à signaler. Les chiens sont toujours aussi léthargiques qu’en Afrique de l’Est et les animaux sauvages sont confinés aux parcs nationaux. On nous a de temps en temps parler de lions dans les alentours d’Isoka mais ce n’est probablement qu’une légende.

Nourriture: Aïe, aïe. Si vous passez par la province du Nord, il faut être entièrement auto-suffisants. Les rares petits magasins dans les rares villages ne vendent que des commodités que les Zambiens ne peuvent pas produire eux-mêmes. Il n’y a pas de petits restos ou cafés servant du chaï et des plats à 1$ sauf dans les centres urbains. Lorsque vous avez la chance de tomber sur un restaurant, je dois dire que les Zambiens sont de loin les meilleurs cuisiniers de la région. Le plat national est poulet frit, nshima (ugali ou posho) et petits légumes en sauce. Pas d’option végétarienne comme ailleurs. Il y a des supermarchés notamment à Kasama, Mpika, Serenje, Lusaka, Choma, Livingstone et à Katima Mulilo (côté Namibien de Sesheke). La route entre  Lusaka et Livingstone est beaucoup plus peuplée. L’approvisionnement en eau est assez aisé partout car la plupart des villages ont un puits.

Dormir: Nous avons fait énormément de camping (sauvage ou dans les villages) en Zambie. Nous avons campé dans une auberge de jeunesse à Lusaka (Chachacha, pas la meilleure) et à Livingstone (Fawlty towers, paradisiaque s’il n’y a pas trop de monde). A 90 km au Sud de Lusaka, un peu avant Monze, il y a un très beau camping “Moorings campsite”. La plupart des campings coûtent 5$ par jour et par personne. Les quelques campings gouvernementaux dans des sites touristiques sont à min 10$ par nuit par personne. Nous n’y avons jamais été. Les entrées pour les parcs, sites etc sont très chères (genre 15$ par personne pour aller voir une grotte dont personne n’a jamais entendu parler).

Coût de la vie: Celui-ci a doublé en quelques années nous a-t-on dit. Comme expliqué plus haut, visiter la Zambie coûte très cher. Nous avons pu nous en tenir à notre budget en faisant beaucoup de camping sauvage mais acheter sa nourriture dans les supermarchés (et il n’y a pas d’autre choix) coûte cher.

L’accueil par la population locale: La Zambie est en Afrique du Sud et l’ambiance raciste de la région y est assez présente. Un sourire et quelques mots dans une des langues locales (nous avons appris quelques mots de cibemba que nous avons pu utiliser quasiment dans tout le pays) vous ouvriront pas mal de portes. Les Zambiens sont très attachés aux règles de politesse: il faut toujours saluer les gens, toujours donner quelque chose avec la main droite et la main gauche posé sur le coude droit en faisant une petite courbette, toujours sourire et un grand rire détend toujours l’atmosphère, même si celle-ci est tendue. De manière générale, nous avons beaucoup apprécié nos deux mois passés en Zambie.

2 Responses to La Zambie

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