La Namibie

La Namibie est un pays aux paysages époustouflants dont il est difficile de se lasser. Il est tout à fait possible d’y faire un superbe voyage à vélo de quelques semaines. Il faut juste savoir quelques petites choses avant d’entreprendre le périple:la Nambie est un désert. Il y fait étouffant en été (octobre-avril) et il peut faire très froid pendant les nuits d’hiver. Les grandes villes sont rares et les distances sont longues. Il est essentiel de bien planifier l’eau et la nourriture. Il y a quelques bonnes routes en goudron (les B) qui traversent le pays mais elles ne passent pas toutes par les jolies régions (surtout pas la B1). Le mieux est évidemment d’emprunter les petites routes qui existent en abondance.

Le trajet: Nous sommes rentrés une première fois en Namibie via Katima Mulilo, dans le Caprivi strip en venant de la Zambie. Nous avons suivi la B8 à travers la réserve naturelle du Caprivi strip (il est possible de camper dans les villages au milieu du parc). A Divundu nous sommes descendus plein Sud pour rentrer au Botswana en passant par Popa Falls. Nous sommes rentrés une seconde fois en Namibie via le poste frontière de Buitepos et la ville de Gobabis en suivant la B6 jusqu’à Windhoek. De Windhoek, nous avons emprunté la C26, la D1265 et la C24 jusqu’à Nauchas. Ensuite, nous avons emprunté la D1261 et avons suivi la C14 jusqu’à Helmeringshauzen via Maltahöhe.De Helmeringshauzen, nous avons suivi la C13 jusqu’à la frontière de l’Afrique du Sud via Aus et Rosh Pina. La distance entre Windhoek et la frontière via ce chemin est de 1000 km.

Les routes: L’état des routes C et D dépend du passage plus ou moins récent des “graders”, des machines qui tassent le sable et les cailloux sur les routes. Cela permet aux braves cyclistes de ne pas trop souffrir de la tôle ondulée créée par les 4×4 qui roulent à toute allure. Les D sont plus souvent sableuses et il faut parfois pousser son vélo. Il y avait aussi quelques très chouettes cols. Nous  avons pris le Remhoogte pass, qui est long et doux plutôt que le Spreetshoogte pass qui est beaucoup plus brutal sur conseil d’un cycliste local. Sans regret: c’était superbe! Il faut aussi savoir que si vous prenez la route vers Rosh Pina en allant vers le Sud, il y une descente de 45 km! Mais attention au vent en Namibie car il vient souvent de face!

Chiens et autres animaux: Il y a des hyènes, des guépards, des léopards et pas mal d’autres animaux sauvages qui courent encore les campagnes namibiennes. Nous avons fait énormément de camping sauvage et n’avons jamais rien vu (malheureusement). Les fermiers ont des chiens parfois énormes mais sont doux comme des agneaux une fois qu’ils savent que vous n’êtes pas une menace. Par contre, des fermiers locaux nous ont déconseillé de passer les barrières fermées pour camper à cause de ces chiens.

Nourriture: Aïe. Comme pour la Zambie et le Botswana, la Namibie n’est pas une destination où il fait bon manger. L’économie est essentiellement basée sur la production de viande (principalement du boeuf qui détruit les sols fragiles du plus vieux désert du monde) mais si vous êtes amateurs de viande vous allez vous régaler. Pour les végétariens, c’est vraiment difficile car les fruits et légumes sont quasiment introuvables en dehors des grandes villes telles que Windhoek, Keetmanshoop, Swakopmund et Gobabis. Même Lüderitz par exemple n’était pas bien fourni. Un réchaud est absolument indispensable et il faut toujours prévoir de la nourriture pour plusieurs jours. Il y a des supermarchés dans  les grandes villes et des petits magasins dans les autres. Il est essentiel de planifier l’eau et il faut faire attention car les cartes routières montrent les fermes le long du chemin mais nous avons souvent trouvé portes closes. Nous avons été sauvés in extremis à deux reprises. Prévoyez assez d’eau pour deux jours à la sortie de Windhoek et aussi sur la route entre Aus et Rosh Pina où il n’y a quasiment aucune ferme. Nous avons parfois trouvé de l’eau dans les abreuvoirs pour animaux.

Dormir: La Namibie est le pays où le camping est le plus cher. Soyez prêts à entendre des prix aussi risibles que 13 euros par nuit et par personne pour un camping sans charme particulier. Nous étions particulièrement réticents de payer ce genre de prix et avons donc fait énormément de camping sauvage. Heureusement, la Namibie est l’endroit parfait pour cela. Nuits fraîches et calmes, un ciel étoilé superbe et pas un chat. C’était de loin le meilleur pays pour le camping sauvage. Il faut cependant savoir que comme le Botswana et l’Afrique du Sud, tout le sud de la Namibie est clôturé et qu’il n’est pas toujours possible de trouver une porte d’entrée ou le fermier pour lui demander la permission de camper (ce qui n’est pas obligatoire paraît-il). Nous avons campé le long de la route à plusieurs reprises et il n’y avait pas de voitures entre 19h et 7 heures du matin.

Coût de la vie: La Namibie est chère! C’est un endroit de tourisme BCBG mais il est tout à fait possible de respecter un budget strict en faisant du camping sauvage et en cuisinant soi-même. Il est possible de visiter les sites touristiques pour des prix raisonnables (par rapport à ceux demandés en Zambie par exemple). Si vous venez de loin, Windhoek sera la première ville “occidentale” que vous verrez dans la région. Les tentations sont grandes…

L’accueil par la population locale: Bienvenue en Afrique du Sud et dans son histoire interraciale compliquée. Vous le sentirez tout de suite car les relations avec la population noire deviennent plus difficiles qu’ailleurs. Un bon conseil qu’une américaine vivant là-bas nous a donné c’est d’être particulièrement souriant et poli lorsque vous vous adressez à un local afin qu’il sache que vous n’est pas un sud-africain raciste. C’était un bon conseil qui vaut aussi en RAS. Lorsque la glace est brisée, c’est aussi chouette qu’ailleurs. Nous avons aussi découvert l’accueil par la population blanche locale et c’est une hospitalité particulièrement puissante. Nous avions souvent droit à un délicieux souper, une douche chaude, un lit et un petit déjeuner alors que nous ne demandions que de l’eau. Nous avons rencontré des gens ouverts d’esprit mais parfois nous avons dû nous mordre la langue lorsque les discours racistes commençaient. Nous avons cependant appris à avoir de la compassion pour les pires racistes et c’était une importante leçon de vie. De manière générale cependant, la Namibie est un désert et vous ne croiserez pas beaucoup de monde…

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