Mexique

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J’avoue que je n’avais qu’une très vague idée de ce que nous allions découvrir au Mexique. Principalement parce que je ne lis jamais le guide touristique avant de me rendre dans un pays inconnu. Si j’avais su, peut-être ne serais-je pas devenue végétalienne juste avant d’y entrer.

En prenant cette décision, je ne m’étais pas du tout imaginée que les Mexicains eux, ne consomment quasiment que des protéines animales sous toutes les formes possibles et imaginables et que durant tout le voyage, ma détermination serait mise à bien rude épreuve!

J’étais également assez ignorante de la situation au Mexique parce qu’aux USA, on nous avait dépeint un pays en pleine guerre civile où les narcos contrôlent tout et où le gringo est en danger de mort constant. Je m’attendais donc à retrouver un petit goût d’Afrique sub-saharienne en passant la frontière.

C’est là qu’on a commencé à mieux comprendre le concept de pays émergent et surtout, de voir à quel point l’Afrique sub-saharienne est un autre monde! Nous avons donc passé deux mois au Mexique à essayer de sortir de notre “mode Afrique” où nous nous étonnions à chaque coin de rue de découvrir des librairies bien fournies, des galeries d’art et des cafés stylés, des petits hôtels pas chers et confortables, des connexions wifi omniprésentes, des musées spectaculaires, des classes moyennes qui passent leur samedi à faire du pédalo sur des étangs artificiels, des milliers de restaurants bondés (et même des restaurants végétaliens!), des stations d’autobus qui ressemblent à des aéroports, une activité économique vrombissante et pleins d’autres choses qui font que voyager au Mexique, finalement, c’est un jeu d’enfant.

On ne s’en plaint pas trop parce que pour travailler sur notre nouveau projet nous avons besoin d’électricité, d’internet et de cafés calmes. Mais l’aspect aventure du voyage est presque complètement perdu dans tant de confort et on s’embourgeoise rapidement! Et puis, nos vélos nous manquent toujours autant…

Alors que nous étions étonnés de découvrir un Mexique riche, nous avons rencontré beaucoup de Mexicains – et pas les plus pauvres- qui se plaignaient de la vie difficile dans leur pays “en voie de développement” (!) et que pour nous qui venions d’Europe ou des USA, la vie était très facile. Au-delà de l’ignorance sur la réalité sociales dans nos pays et ceux qui sont véritablement en voie de développement que ce genre de remarque reflète, nous y avons retrouvé – comme chez beaucoup de Sud Afs blancs – un complexe d’infériorité qui les empêchent de voir les forces de leur pays. C’est bien dommage car des aspects positifs, le Mexique en a toute une série!

Nous étions, par exemple, impressionnés par la manière dont les Mexicains ont su garder une culture qui leur est propre malgré l’influence indéniable de leur voisin au Nord. Je devrais plutôt dire des cultures qui leur sont propres. D’un côté, le voyageur baigne dans une culture populaire très forte où une soirée typique consiste à manger des tacos à la langue de bœuf à la taqueria du coin, puis d’aller encourager son lutteur favori à un match de Lucha Libre – imaginez des hommes et des femmes en lycra moulant et fluo avec un vague look de Bioman en train de faire semblant de se frapper dessus sur un ring – avant de finir la nuit en buvant des bières saupoudrées de piment rouge au son de la trompette et de la guitare des mariachis qui pour quelques pesos chantent des chansons traditionnelles ad nauseam.

De l’autre côté du spectre, il y a les peuples indigènes qui luttent depuis des années pour que leurs traditions puissent trouver une place ailleurs que dans les musées d’anthropologie. Les indigènes constituent, selon les sources, entre 10% et 30% de la population Mexicaine (la variation dans les chiffres dénote un malaise certain par rapport à la question). Nous avons eu la chance d’être à Oaxaca le jour où se tenait le festival annuel de danses traditionnelles “Guelaguetza”. C’était magnifique mais il s’agissait aussi d’une sorte de façade pour le monde extérieur: l’évènement est sponsorisé par Coca-Cola et s’il est certain qu’il attire un grand nombre de spectateurs, il est aussi boycotté par nombre d’indigènes pour des raisons politiques. Il est impossible de ne pas se rendre compte des tensions qui existent entre les populations indigènes et le reste de la population Mexicaine (dont 60% serait métis).

Nous avons remarqué qu’ici comme ailleurs, il semble que bien souvent la couleur de la peau définit la classe sociale.

Au Chiapas où une partie des terres sont entre les mains des communautés indigènes (personne ne peut s’approprier la terre et toutes les décisions doivent être prises par une assemblée générale) nous avons entendu parler régulièrement d’un autre problème inquiétant. Il se trouve que régulièrement, le gouvernement a des grands projets de construction d’autoroutes, de bases militaires ou de barrages hydro-électrique sur ces terres (souvent couvertes des forêts vierges précieuses ou des parcs nationaux) et qu’il tente par tous les moyens de semer la zizanie dans les communautés – sous prétexte de guerre contre les narcos notamment- pour parvenir à ses fins.

C’est dans ce contexte que nous avons été particulièrement impressionnés par le travail des Zapatistes dans la région du Chiapas. Beaucoup de gens (même non Zapatistes) nous ont expliqué que la révolution lancée en 1994 a changé la vie de milliers de gens car enfin, le gouvernement a été obligé de reconnaître qu’il y avait de sérieux problèmes dans cette région très pauvre. Aujourd’hui, beaucoup de personnes ont un accès à l’eau potable, l’électricité et à des routes là où il y a 10 ans il fallait marcher pendant 5 jours dans la forêt vierge pour atteindre une clinique mal entretenue (on nous a expliqué que les projets d’autoroutes du gouvernement sont redondants car il y a déjà suffisamment de routes dans la région).

De ce que nous avons pu voir des infrastructures, le gouvernement Mexicain n’est certainement pas le pire et il est évident qu’il fait face à des défis énormes – le trafic de drogues international ou un taux d’obésité particulièrement inquiétant n’étant que deux exemples parmi cent- mais, à une époque où beaucoup de gouvernements prennent des décisions qui mettent en danger les générations futures, nous avons trouvé très inspirants la conscience politique et l’activisme des Mexicains: professeur d’université ou paysan avec une instruction limitée, tous ont une opinion sur leur gouvernement et tous prennent très au sérieux leur rôle de citoyen.

C’était très éclairant de traverser ce gigantesque pays du Nord au Sud: des cow-boys du désert de Sonora aux peuples indigènes dans les forêts tropicales du Chiapas en passant par les stations balnéaires envahies par les gringos et les métropoles grouillantes de vie telles que Guadalajara et Mexico City, le Mexique est un pays richissime qui nous a laissé un goût de trop peu.

Nous vous écrivons du Guatemala où nous découvrons un tout nouveau monde! Plus au prochain épisode…

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