USA to Mexico

Les photos sont disponibles ici.

Une toute nouvelle vidéo résumant notre projet est disponible ici.

Nous sommes bien arrivés au pays des mariachis, des piñatas et des tacos!

Après plus d’un an et demi de voyage, on accumule les chocs culturels sans trop broncher mais c’est peut-être pour cela aussi qu’on est tellement heureux d’être posés ici à Puerto Vallarta pendant quatre semaines, le temps de souffler un peu.

Mais commençons par le début….

Nous vous avions laissés à Washington D.C. au pays de l’Oncle Sam où nous avions décidé de voyager avec style et où nous nous étions donc offerts deux billets de train pour  la Nouvelle Orléans.

Vu le prix du billet, le train est un luxe mais ce n’est pas un luxe ponctuel ni rapide.

Le problème c’est qu’aux Etats-Unis – où mis à part dans le Nord-Est, les mots “transport public” sont une insulte- ce sont des compagnies privées qui exploitent le réseau ferroviaire qui, à l’échelle de ce “pays-continent”, est énorme mais mal réparti et  les trains passagers doivent laisser la priorité aux trains de marchandises.

Pour ma part, cependant, j’étais surtout excitée de descendre vers le vrai “Sud” car  je n’y avais encore jamais été.

Pendant le trajet, nous avons pu voir des petites villes dignes d’”Autant en emporte le vent” avec les belles maisons aux grandes colonnes blanches et rocking chairs devant la porte ainsi qu’un nombre incalculable d’églises de toutes les dénominations chrétiennes imaginables se faisant concurrence à coup de pancartes criardes.

Plus choquant était le nombre de maisons mal entretenues et marquées par la pauvreté et puis la succession de forêts recouvertes de kudzu, une plante japonaise très utile mais surtout très envahissante et enfin, les images apocalyptiques de certaines villes en Alabama, détruites la semaine précédente par un ouragan. Nous étions tellement bouches bées que nous n’avons pas eu le réflexe de sortir la caméra…

Après 28 heures et mille arrêts au milieu des bois,  nous étions à la Nouvelle-Orléans.  Nous n’avions cependant pas eu de chance avec couchsurfing.org et avons dû découvrir cette ville chaude et spéciale par nous-même, ce qui est toujours dommage.

Du coup, on s’est mis en mode “touriste” pendant quatre jours, nous promenant de long en large sur les longues avenues à la découverte des architectures multiples dont seule la Nouvelle Orléans à le secret.

Même si nous n’étions pas, comme 90% des touristes, attirés par le fameux Quartier Français et par les mœurs très légères qui y règnent, le caractère magique de la ville ne nous a pas échappé.

Chaque rue regorge d’histoires de cette ville portuaire où se sont côtoyés pirates des caraïbes et prêtresses vaudou, esclaves affranchis et aventuriers européens, prostituées et propriétaires de plantations de tabac. Quelle musique! Quelle cuisine! Quelle ambiance!

Nous avons aussi eu le grand plaisir de goûter à quelques spécialités locales avec l’équipe locale d’ATD Quart Monde au bord du Mississippi avant de reprendre le bus pour le Texas ( je vous passerai les détails sur nos voyages en bus mais si je devais choisir un objet qui symboliserait à la perfection la mort de l’Empire Américain ce serait le bus Greyhound).

Nous avions, comme probablement le reste de la planète, pas mal de clichés sur l’Etat de Georges W. Bush.

Comme nous avons eu la chance de faire du couchsurfing (CS) à Houston, d’être accueillis par de la famille éloignée  à Austin et de rencontrer des associations environnementales locales, nous avons passé une semaine géniale pendant laquelle nous avons rencontré des dizaines de personnes ouvertes, engagées et accueillantes, à mille lieux de tous nos préjugés. Mais quand donc apprendra-t-on?

Ce fut un pur plaisir même si nous étions très stressés parce que nous devions filmer nos premières interviews (la vidéo devrait sortir d’ici 2 semaines). Nous avons du coup beaucoup bossé pendant cette semaine mais nous étions soutenus à tout moment par des gens enthousiasmés par notre projet.

Nous avons d’autant plus besoin de soutien que nous nous sentons très tristes de ne plus pouvoir voyager à vélo. En Afrique, nous avons pris goût à la sensation de liberté et d’indépendance du  voyage à vélo. Finies les nuits calmes en pleine nature! Maintenant,  nous allons là où le bus veut bien nous mener et c’est bien souvent dans une ville malheureusement. Et puis, nous dépendons complètement d’autres personnes pour notre logement mais aussi pour notre transport. Bref, c’est un apprentissage que de voyager sans nos vélos!

Mais voilà, il y a tellement de choses merveilleuses qui se sont mises en place depuis que nous avons décidé de faire ce projet, qu’il est difficile de trop se plaindre. Les gens que nous contactons pour des interviews ou des collaborations; nos hôtes et leurs amis sont tous tellement serviables et cela nous donne l’énergie nécessaire pour apprendre à manipuler une caméra, des micros et des logiciels de post-production complexes.

Et puis, ce qui nous motive surtout c’est que partout où nous allons, nous rencontrons des gens qui sont inquiets pour l’avenir et voudraient agir mais ne savent pas par où commencer. C’est exactement pour cela que nous voulons partager avec qui veut bien nous écouter les expériences tellement inspirantes des gens que nous avons rencontrés en Afrique et que nous rencontrons aux Amériques.

Je ne voulais pas le croire mais aujourd’hui, je le vois, je le vis: une véritable révolution est en cours!

Après cette semaine grandiose au Texas, nous nous sommes rendus à Tucson, une ville libérale de l’Arizona qui a fait l’actualité il y a quelques mois lorsqu’un malade mental à tiré sur la représentante Démocrate Gabrielle Griffords. La réponse des dirigeants locaux ? Facile ! Ils ont changé la loi et sont maintenant autorisés à porter des armes à feu partout où ils le souhaitent….

Tucson, situé en plein désert de Sonora, ne manque pas de charme et se fond relativement bien dans le paysage: les gens ici ont renoncé à l’idée d’avoir une pelouse devant leur maison et y mettent donc des plantes désertiques telles que le photogénique cactus saguaros  (je dis cela parce qu’ailleurs en Arizona et en Californie, il y a des gens qui peignent les pierres ou leur gazon sec en vert! C’est véridique! Google it!). Il y a aussi beaucoup de galeries d’art, de petites boutiques et restos au charme fou et des coffee shops où on se verrait bien finir nos vies. Le centre historique de la ville est composées de belles maisons à toit plat en adobe. Bref, c’est très western et nous laisse même un goût de trop peu.

Après plus de deux mois aux Etats-Unis, nous les quittons avec des sentiments ambivalents.

D’un côté, il est impossible de ne pas être touché par l’incroyable diversité des cultures et des paysages ainsi que par la gentillesse des gens, de l’autre, il est difficile de ne pas être choqué par la pauvreté omniprésente, le nombre de gens obèses et clairement malades ainsi que par le mode de vie absolument destructeur adopté par la grande majorité des Américains. Et je ne vais même pas vous parler de la politique américaine qui énerverait même le Dalaï Lama !

En bref, les Etats-Unis c’est comme l’Afrique du Sud, c’est un pays tellement divers et  intense qu’on ne peut que l’adorer et le détester à la fois.

Malgré les avertissements reçus depuis des mois par quelques américains paniqués à l’idée que nous allions traverser la frontière mexicaine en bus, tout s’est bien passé. Comme toujours en cas d’hystérie générale, il suffit d’écouter ceux qui savent vraiment de quoi ils parlent.

Nous avons passé deux jours à Hermosillo, une petite ville banale au Nord du Mexique, en plein désert où il n’a plus plu depuis 9 mois (d’ailleurs à l’heure où j’écris ces lignes cette partie du Mexique, l’Arizona et le Texas sont la proie de feux de forêts énormes mais, heureusement, il n’y a absolument AUCUN lien avec le changement climatique. Mon Dieu, non, non! Le changement climatique? Qu’est-ce que c’est?).

A Hermosillo, nous vivons à nouveau une très chouette rencontre avec Andrea, notre hôtesse CS, qui nous emmène dans un bar où se rassemblent punks et rancheros gauchos pour écouter des musiciens fâchés contre le système.

Je sens que l’ambiance révolutionnaire qui semble régner dans cette partie-ci du monde va nous plaire!

Après un bref passage par Guadalajara, adorable berceau des mariachis, nous atterrissons à Puerto Vallarta, ville balnéaire ultra-prisée par les Américains. Ici, arrêt de 4 semaines, le temps de faire du wwoofing sur une petite coopérative bio et d’organiser la suite de la descente.

Mais ça, c’est une autre histoire et en attendant, nous vous invitons à découvrir la petite vidéo qui résume notre voyage en Afrique ainsi que notre nouveau projet en 4 minutes seulement (ne vous y trompez pas, on a mis au moins 40 heures à la faire! Merci Gwen pour tes conseils judicieux!)! Montez le son et si vous aimez, n’hésitez pas à partager!

Nous vous souhaitons un beau mois de juillet et de belles vacances si vous partez!

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