Les Etats-Unis

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Quel plaisir d’enfin trouver quelques instants pour pouvoir partager avec vous nos “aventures” de ces deux derniers mois et nos futurs projets!

Depuis notre dernière mise-à-jour, il me semble qu’un siècle s’est écoulé! C’est avec énormément de joie que nous avons retrouvé nos familles et nos amis après 16 mois d’absence. Pour ma part, j’ai passé  un mois de mars merveilleux dans le plat pays qui est le mien à serrer dans mes bras des gens que j’aime et qui ont eux aussi fait leur bout de chemin depuis notre départ. Dave a fait la même chose de son côté de l’Atlantique.

Entre ceux qui ont embrassé une nouvelle carrière, publié un livre, écrit des pièces de théâtre, ouvert une école de Tai-Chi, produit des documentaires ou des paniers bio, reçu des prix divers, construit une nouvelle maison ou qui sont devenus parents, nous ne savions pas trop si nous pouvions reprendre les choses là où nous les avions laissées.

Heureusement, nos craintes étaient infondées et nous avons été chaudement accueillis par nos familles qui ont patiemment écouté nos récits encore trop frais et décousus et par nos amis impatients de nous raconter leurs dernières aventures. Un vrai bonheur! Merci à tout ceux que nous avons pu revoir car c’était magnifique! Vivement l’été 2012 pour qu’on remette ça et puis pour que nous puissions revoir d’autres têtes aussi…

Le seul hic dans tout ce tourbillon d’émotions était probablement l’étrange maladie de Dave qui avait commencé à le tourmenter au Malawi. Cela devenait d’autant plus inquiétant qu’aucun médecin ne savait de quoi il s’agissait vraiment et que chaque diagnostic impliquait un nombre incroyable de tests et parfois même d’opérations chirurgicales complexes!

Heureusement, le mystère fut résolu par un médecin spécialisé en médecine tropicale, qui les yeux brillants d’excitation, a annoncé à Dave qu’il s’agissait tout simplement de la bilharziose (vous pouvez lire plus sur ce sujet dans notre section FAQ sur la malaria) et qu’il fallait juste prendre quatre petites pilules pour la modique somme de 200 $ pour s’en débarrasser. C’est drôle parce que le médecin au Malawi était vachement moins excité par le cas de Dave et que le médicament là-bas coûtait 2 $…

Une fois Dave guéri, je l’ai rejoint à New York où nous avons passé plusieurs semaines à préparer la suite du voyage entre deux évènements familiaux. Nous avions clairement sous-estimé le temps que cela nous prendrait de revoir nos proches, d’organiser nos récits, photos et idées sur le voyage en Afrique et de préparer un nouveau voyage d’un an sans nos vélos sur un tout autre continent! Que de boulot et d’heures passées à trier, ranger, écrire, lire, acheter du matériel, brainstormer, contacter des gens et des organisations, étudier des cartes, etc.

Mais le plus difficile dans tout cela était de digérer le choc culturel et émotionnel que nous éprouvons depuis notre retour d’Afrique. D’un côté, tout est tellement familier et connu mais de l’autre, nous sommes très tristes de découvrir que rien n’a vraiment changé. Alors que nous sommes depuis quelques mois particulièrement angoissés par toutes les questions liées au changement climatique, force est de constater que non seulement, nos gouvernements n’ont absolument rien entrepris sur la question mais qu’en plus le sujet de l’environnement commence à sérieusement fatiguer les gens et qu’aux Etats-Unis, les environnementalistes sont traités de “communistes” voir même de « terroristes ».

Au-delà du fait qu’à mon humble avis, toute femme doit être féministe et tout être humain doit être environnementaliste, cet état des choses nous a mis une bonne claque.

Pourtant les signes du changement sont absolument partout. Depuis que nous sommes arrivés aux Etats-Unis en mars, il y a eu des tornades meurtrières dans le Midwest, des inondations inouïes à Memphis qui menacent aujourd’hui la Nouvelle Orléans, des récoltes entières gâchées par des pluies diluviennes, des conditions de sècheresses extrêmes et des feux de forêts au Texas. Et puis, je pourrais aussi vous parler de la fracturation hydraulique qui est en train de rendre stériles des milliers d’hectares de terre du Canada jusqu’au Tennessee (voyez le documentaire “Gasland” sur le sujet). En Pennsylvanie, il y a quelques semaines, un puits a explosé en envoyant de l’eau ultra polluée dans les réserves d’eau potable de la région.

Tous ces évènements et beaucoup d’autres sont un signal très clair pour ceux qui veulent bien le voir que la civilisation telle que nous la connaissons a ses meilleurs jours derrière elle. Pour nous qui avons pu bénéficier du pétrole bon marché et de toutes les choses merveilleuses qui en découlent, il est temps de se rendre compte qu’entre la question du changement climatique et celle du pic pétrolier, nous devons absolument repenser notre façon de vivre.

Certes, le défi est énorme et il est vraiment aisé de se laisser aller au nihilisme et à la déprime lorsqu’on pense à l’échelle du problème ( presque 7 milliards de terriens!!) et à la révolution nécessaire pour nous sortir de ce pétrin. Toutefois, on essaie de penser que finalement, ces énormes crises sont aussi une opportunité exceptionnelle – une crisortunité comme dirait Homer Simpson- de bâtir un monde meilleur. Oui, je sais, ça sonne kitsch, naïf et hippie mais nous pensons sincèrement qu’il est meilleur pour tout le monde – et en premier lieu, pour notre santé mentale!- de travailler avec le positif. Sinon, autant tout de suite s’acheter un lopin de terre au Canada et une kalashnikov en attendant la fin du monde.

L’heure est extrêmement grave et des centaines de livres et de documentaires paraissent tous les jours pour nous parler des problèmes (certains sont décrits sur notre page « ressources »). S’il est fondamental de s’informer sur ces problèmes et de se rendre compte de l’urgence de la situation  (généralement, les gens qui comprennent l’ampleur du problème passe par une phase de déprime, c’est normal), il faut s’accrocher et passer à la phase suivante: l’action. Il y a des centaines de milliers d’initiatives qui existent déjà, des tas de gens brilliantissimes qui se sont penchés sur la question et qui offrent des réponses intelligentes. L’excellente nouvelle donc c’est que pour construire un nouveau monde plus résilient, il ne faut même pas réinventer la roue, il suffit de rejoindre ou d’amplifier ce qui existe déjà!

D’ailleurs, si vous voulez en savoir plus sur ce qu’il se fait déjà, vous tombez à pic parce que nous allons  tout au long de notre voyage partir à la rencontre d’initiatives locales et positives qui contribuent à la solution. Nous comptons partager un maximum de nos découvertes via notre site – que mon héros de mari a rendu plus sexy- dans les sections projets, mise-à-jour et ressources et via un documentaire que nous sommes en train de préparer sur les projets entre NYC et Rio de Janeiro. En chemin, on espère aussi pouvoir donner notre présentation sur notre voyage en Afrique à qui voudra bien nous écouter.

C’est donc dans cette optique que nous avons été prendre l’air frais pendant trois semaines dans les montagnes de la Caroline du Nord, à Asheville. Une ville très verte dans le Bible belt où il semble que tous les restaurants se fournissent chez les fermiers bio locaux et où tout le monde semble être soucieux de sa consommation. Un heureux changement après New York, Boston et Washington D.C. ..

A Asheville, nous avons suivi un cours de construction naturelle. Nous avons appris à mélanger de différentes manière de l’argile, du sable et de la paille pour en faire tour à tour des briques, du mortier ou du plâtre. Nous avons appris à construire avec du bambou, du bois récupéré et des ballots de paille et nous avons appris les bases de la peinture naturelle, de la charpente en bois, des fondations et pleins d’autres choses que nous espérons pouvoir partager avec les gens que nous rencontrerons pendant notre voyage.

Maintenant nous sommes de retour à Washington D.C. où nous avons eu l’occasion de parler de nos projets avec 350.org et ATD Quart Monde, de mettre enfin notre site à jour et d’apprendre à utiliser notre caméra (tout conseil sur comment tenir une caméra jusqu’à comment faire un documentaire bienvenue!).

Demain, nous commençons notre descente d’un an vers le Sud.

Premier arrêt: la Nouvelle Orléans.

Excitation!

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2 Responses to Les Etats-Unis

  1. luc says:

    About the popular backlash on environmentalism, I just read a short essay by Iegor Gran (in French): “L’écologie en bas de chez moi” which takes a shot at the zealots of the environment who treat you like a terrorist when you don’t do what Al Gore told them they should do. I think lots of us want to “do something about the environment” even if we don’t always know what to do (because it’s so complex and because we constantly contradict ourselves, just by living in rich/polluting countries), but we don’t like to be stared at by neighbors for every little thing we do just because they heard about the environment on TV.

    I think the backlash is just about these zealots, nothing else.

    Have fun traveling down the USA !

  2. Dave says:

    I definitely agree with you on that one Luc, there is a problem with how we environmentalists present ourselves. A few weeks ago we went to go see a presentation given by a branch of the Transition Movement – an organization which should be totally positive and energizing since the whole point of the transition movement is to get people fired up to create a better world in the face of the dual challenges of climate change and peak oil. And yet the whole thing was just depressing, we were left wondering if we shouldn’t give it all up and buy a shotgun and start hording food because there is no hope and the world is coming to an end and only some of us will survive and how can you even travel by bus you polluting monster fascist…

    I can see why people are so negative, and why they brow-beat people who don’t do the most ecological thing all the time, these challenges are serious and scary; but it is no way to get what you want, people just don’t want to hear it. Could you imagine Nike running an ad campaign that was “Buy Nike or You’re a Bad Person!”?

    Too bad though that the environmental movement seems to be learning this all at such a late stage!

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