Dar es Salaam

( Nous sommes désolés mais la connection internet ne nous permet pas de mettre des photos dans le texte mais elles sont disponibles ici )

Nous pensions ne passer que quelques jours à Dar es Salaam. Le temps de profiter de l’hospitalité de notre ami Nico et de rencontrer l’équipe d’une ONG que nous connaissions à Bruxelles. Et puis voilà, de fil en aiguille, nous y sommes restés un mois.

Les choses se sont mises en place un peu par hasard: lorsque nous avons rencontré les volontaires d’ATD Quart Monde, Ana, Bruno et Salehe, ils nous disent qu’ils auraient bien besoin d’un coup de main pour organiser deux ou trois réunions, pour corriger ou traduire des textes, etc. Nous sommes donc descendus de nos selles pour aider l’équipe pendant 15 jours.

Par ailleurs, une amie de Nico nous a demandé si nous étions d’accord de garder sa maison pendant 10 jours. Après avoir testé plus de 100 lits en Afrique,  nous étions contents de pouvoir lui rendre ce service…

Enfin, nous avons immédiatement été bien accueillis par la communauté d’expats de Dar es Salaam. Grâce à Nico, Ana et Bruno, nous avons régulièrement été invités à des soupers à droite et à gauche. Comme les expatriés ont l’habitude de bouger régulièrement, ils savent recréer des petites communautés provisoires (et parfois improbables!) qui font office de cercle d’amis le temps de leur séjour dans un pays. Nous y avons découvert une ambiance sympa et relax.

Et hop! En quelques jours, nous étions installés comme des rois dans une maison et nous faisions la navette tous les jours jusqu’au bureau d’ATD à quelques kilomètres de là.

La sédentarisation c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas…

Mais même posés quelque part en Afrique, les découvertes se succèdent et nos cerveaux n’ont pas eu l’occasion de se reposer autant que nos corps.

A ce stade-ci, je vous dois une petite explication sur ce qu’est ATD Quart-Monde qui n’est pas une ONG comme les autres et dont nous voulions absolument voir le travail en Tanzanie.

Commençons par le début: ATD est un mouvement fondé par un prêtre catholique, Joseph Wresinski, dont la famille vivait dans la grande pauvreté. Lorsque dans les années 1950, il est devenu prêtre à Noisy-le-Grand, un bidonville en banlieue parisienne, il a compris qu’il fallait que ce soient les plus pauvres eux-mêmes qui s’organisent afin de s’assurer un accès aux droits fondamentaux. Voilà, en essence, la particularité d’ATD.

Personnellement, lorsque j’ai découvert le Mouvement à Bruxelles, lors d’un chantier international, c’est une anecdote à propos de Joseph Wresinski qui m’a fait comprendre en quoi exactement consistait sa philosophie.

Un jour, des “dames patronnesses” ayant entendu parler du bidonville, voulaient faire des dons de couvertures et de nourriture. Joseph Wresinski a catégoriquement refusé ces dons en expliquant que si ces dames voulaient faire quelque chose, il serait plus utile qu’elles créent une bibliothèque ou un salon de beauté à Noisy-le-Grand. Il a expliqué aux âmes charitables incrédules que les plus pauvres aussi avaient le droit à la culture, au savoir et à la beauté et que c’était notamment par ce biais qu’ils pourraient apprendre à avoir confiance en eux et à se lever contre les injustices qu’ils subissent. La charité n’a jamais aidé les gens à sortir de la misère.

Petit à petit, les idées du Père Joseph se sont répandues et aujourd’hui, le Mouvement – qui est interreligieux- compte 400 volontaires éparpillés sur 30 pays. Ces volontaires sont des gens de toutes nationalités, backgrounds et âges confondus, qui ont décidé de travailler et de vivre avec les communautés les plus pauvres. Plus qu’un travail, devenir volontaire ATD est un choix de vie.

Autour de cette équipe de volontaires internationaux, gravitent plus de 100.000 militants et alliés qui proposent leur aide en fonction de leur disposition et de leur savoir-faire. Les militants sont ceux qui savent mieux que quiconque ce qu’est la grande pauvreté car ils l’ont vécue ou la vivent encore. Les alliés sont les gens comme Dave et moi, qui ont envie d’aider en collant des enveloppes, en animant une bibliothèque de rue ou en organisant une célébration pour le 17 octobre, journée internationale du refus de la misère.

Les militants permettent aux volontaires et aux alliés d’aller à la rencontre des familles les plus exclues afin de leur donner le courage de prendre la parole et de prendre part à la vie publique. Ainsi, le Mouvement a un statut consultatif auprès de l’ONU, du Conseil de l’Europe et d’autres instances internationales; Il travaille également avec la Commission Européenne et le Parlement européen et fait du lobby auprès des gouvernements nationaux.

La famille est un élément essentiel pour le Mouvement car trop souvent, la grande précarité a pour effet de séparer les familles. Le droit de vivre en famille est un droit essentiel parce que c’est au sein de sa famille qu’un individu trouvera la force de se battre pour d’autres droits tels que l’éducation, la santé, etc.

Mais comment ATD fait-il pour aller à la rencontre de ces familles les plus exclues me demanderez-vous?

Cela constitue probablement la tâche la plus ardue car souvent les gens qui vivent des vies extrêmement difficiles et qui sont exclus de leur communauté, sont enfermés chez eux ou sur eux-mêmes. Plusieurs projets ont donc été mis sur pied pour rencontrer ces familles. Celui que nous connaissons le mieux est  celui de bibliothèque de rue. La plupart des pays où le Mouvement est présent – en nombre suffisant- en ont une. Le modus operandi est le suivant: de manière très régulière – genre une fois par semaine- des volontaires accompagnés d’alliés et/ou de militants se rendent dans un quartier défavorisé de la ville/ village, ils installent des couvertures sur le sol et apportent des livres pour enfants ou ils racontent des histoires. Après la lecture, une petite activité manuelle est organisée: dessin, bricolage, etc.

Au-delà de l’effet assez évident qu’une telle bibliothèque peut avoir sur la scolarité, la créativité ou la confiance en soi d’un enfant, celle-ci permet surtout de créer une présence régulière et positive dans le quartier. Petit à petit, les parents vont s’intéresser à ce que font leurs enfants là-bas et vont parfois même aider pour l’organisation ou l’animation d’une bibliothèque de rue. Par la suite, les volontaires ou les militants peuvent proposer aux parents d’autres activités organisées par ATD, telles que des sorties en famille, des universités populaires, etc.

J’ai eu la chance de pouvoir participer à l’animation de bibliothèques de rue à New York, Bruxelles et maintenant à Dar es Salaam. Je dois dire que pour une indécrottable pessimiste dans mon genre, regarder le visage d’un enfant s’illuminer à la lecture d’un livre me donne beaucoup d’espoir.

D’ailleurs, je n’en dis pas plus et je vous laisse découvrir les photos que j’ai prises lors des deux bibliothèques de rue organisées à Tandale, l’un des quartiers très défavorisés de Dar es Salaam.

L’équipe en Tanzanie a encore deux autres projets centraux. L’un est un projet d’alphabétisation au Marché-aux-Poissons de Dar es Salaam. Celui-ci a été initié par un certain Mbaraka, un jeune homme qui travaille comme vendeur de bois et de charbon au marché. Il faut savoir qu’à l’œil inexpérimenté du mzungu qui visite le marché aux poissons, le tout semble être un joyeux chaos. Pourtant, les pêcheurs, les vendeurs de charbon, ceux qui font frire le poisson, ceux qui vendent le poisson  sont organisés par corps de métier et élisent un président, un secrétaire et un trésorier. Ils ont régulièrement des réunions afin de discuter de leur métier et de voir comment ils peuvent améliorer leurs conditions de travail. Le tout est chapeauté par un président, un secrétaire et un trésorier pour l’ensemble du marché. C’est extrêmement bien organisé.

Mbaraka est le secrétaire de l’ordre des vendeurs de bois et de charbons, l’ordre le plus pauvre car c’est un métier très, très précaire. Il a vu que la plupart des vendeurs ne savaient ni lire, ni écrire et il voulait trouver une solution. Un jour, il rencontre Salehe qui lui dit qu’ATD est prêt à l’aider à monter ce projet. L’équipe a donc soutenu Mbaraka dans l’organisation d’un cours d’alphabétisation. Aujourd’hui, c’est le deuxième groupe de 12 personnes qui apprend à lire et à écrire. L’objectif est que tous les élèves, sans exception et quel que soit son niveau, apprennent à lire en six mois.
Une solidarité a été mise en place: ceux de l’ancien groupe soutiennent les étudiants du nouveau groupe afin de les aider à faire leurs devoirs ou à aller au cours à temps.

Juste après notre arrivée, l’équipe a organisé une petite fête pour la mi-semestre dans ses locaux. Par un après-midi ensoleillé une bande de 30 hommes et quelques femmes (Bruno et Ana croient que les 20% de femmes qui travaillent au marché savent déjà lire) est venue regarder un slide-show de photos prises pendant les cours et partager un repas. L’ambiance était très bonne.

Mbaraka avait insisté sur le fait que les étudiants devaient pouvoir montrer au groupe leurs progrès. Nous avons donc inséré des petites phrases dans le slide-show. Un par un, les hommes se sont levés et ont lu, péniblement ou non, les mots affichés à l’écran. Le reste du groupe sifflait, rigolait mais surtout, invariablement soutenait le lecteur dilettante. A la fin, chacun recevait un tonnerre d’applaudissement et les sourires qu’arboraient ces hommes, dont la vie est tellement difficile, en disaient long sur leur joie.

Le troisième projet central de l’équipe consiste à soutenir des groupes de femmes dans les démarches administratives – parfois longues et coûteuses- pour obtenir un certificat de naissance pour leurs enfants. Ces certificats sont cruciaux pour permettre à ces enfants d’exister officiellement et donc de pouvoir mener une vie normale.

Voici donc brièvement ce que fait l’équipe d’ATD en Tanzanie. Il s’agit de projets à petite échelle, menés avec de très petits budgets, sur du long terme et qui résultent de la demande des bénéficiaires eux-mêmes et non pas des volontaires de l’équipe. Ce sont probablement les différences les plus importantes qui existent entre ATD et la plupart des autres ONG actives dans le domaine du développement.

La première chose qui frappe en Afrique, c’est que les travailleurs du développement (appelons les comme ça) vivent la plupart du temps dans les plus beaux quartiers de la ville, conduisent de gros 4×4 et gagne très décemment leur vie. A Dar es Salaam, il est difficile de ne pas être marqué par la ségrégation existante dans la ville; les expats vivent sur la péninsule dans d’énormes maisons protégées par des fils de fer barbelés, de hauts murs et des gardiens armés. Ils embauchent – au prix local- des cuisiniers, femmes de ménage, jardiniers, etc. Bref, ils vivent une vie qui est à mille lieues de celle que mènent les personnes qu’ils sont censés aider. Cela crée une distance quasiment infranchissable entre les Tanzaniens et les travailleurs (n’oublions pas non plus qu’à cela se greffe la question de la couleur de la peau qui crée une autre barrière difficilement franchissable).

Deuxièmement, les ONG sur le terrain doivent rendre des compte aux donateurs ce qui les obligent à devoir mettre sur pied des programmes créés en Europe ou aux USA qui seront approuvés là-bas sur la base de critères complètement étrangers à l’Afrique. Par la suite, et c’est particulièrement vrai pour l’aide bilatérale/ multilatérale, ces projets-là devront être implantés tels que décrit sur papier même s’ils n’ont aucun sens par rapport à la réalité du terrain.

Troisièmement, il y a des tonnes d’ONG. De manière assez ironique, il y a très peu de coopération entre elles. Elles sont toutes en concurrence les unes avec les autres et cherchent à attirer un maximum de gens. Pour faire cela, tous les moyens sont bons. Celui que nous avons découvert ici avec horreur et stupéfaction est que les ONG payent les gens pour venir écouter leur petites conférences sur les droits de la femme/ le SIDA/ le jardinage biologique etc. La bonne ONG, celle qui attire pleins de gens, c’est celle qui offre non seulement ces fameux per diem mais aussi un bon repas, des boissons et d’autres avantages en nature. Il n’est pas difficile d’imaginer quels effets la proposition d’être payé pour s’asseoir peut avoir sur les Africains vivant dans la pauvreté (ou qui se croient pauvres – il y a une différence). L’effet pervers – s’il n’y en avait qu’un!- est que les petites organisations qui préfèrent dépenser leur budget dans des choses plus utiles, ont beaucoup de mal à trouver des gens motivés gratuitement.

Quatrièmement, la plupart des travailleurs du développement sont envoyés dans un certain pays pour une durée de temps très limitée. Ils ont un contrat d’un an ou deux pour construire tel point d’eau, tel école ou pour former un nombre x de femmes à la communication non-violente. Ils n’ont pas le temps de s’immerger dans la culture locale, d’aller à la rencontre de “leur groupe cible”; d’apprendre la langue locale, de lire des livres sur le pays, etc. Ceci entraîne quasi-invariablement d’énormes frustrations pour le travailleur qui est lié à un délai et qui ne peut pas se permettre de “perdre du temps” à travailler au rythme local. Le degré d’incompréhension entre les travailleurs du développement et leurs collègues tanzaniens est assez élevé. L’échec est juste là. Pourtant, il est dit dans un rapport UNICEF – ATD, que la durée minimale d’un investissement sur un projet particulier doit être de 10 ans minimum. Plus que le montant consacré au projet, c’est le temps y consacré à qui déterminera son succès.

Enfin, il y a encore une myriade d’autres critiques qu’on entend souvent comme : Pour 1 $ dépensé par USAID, 70 cents restent aux USA – je ne connais pas les chiffres européens mais cela doit être pareil- ; Les projets de développement sont des concepts étrangers imposés à des populations qui n’ont pas les mêmes références culturelles;  L’aide au développement crée une mentalité d’assisté qui détruit les réseaux d’entraide préexistants et les tissus sociaux (par exemple, en créant un programme spécial pour les petites filles (et les petits garçons, ils vont où?) ou spécial pour les enfants (et les plus de 18 ans, ils vont où?); L’argent/le matériel apporté par les ONG et les gouvernements occidentaux nourrissent la corruption endémique en Afrique, L’aide humanitaire dans les zones en guerre prolongent inutilement les conflits car elle permet de soigner les combattants (au détriment des civils) etc, etc, etc.

Toutes les ONG (autres qu’ATD) sont-elles donc mauvaises?  Je n’ai manifestement pas les compétences pour répondre à cette question – et il y a par ailleurs des centaines de livres passionnants écrits sur la question-  mais je peux vous dire encore deux choses:

Premièrement, la grande majorité des gens qui travaillent de près ou de loin avec l’aide au développement sont d’accord avec ces critiques. Il est assez étonnant d’entendre des coopérants dire qu’ils ne croient pas en ce qu’ils font. Et pourtant, c’est ce que nous entendons le plus régulièrement depuis 5 mois. Souvent, la conversation se termine par “Mais il y a des ONG qui font du bon travail” sans autres précisions…

Enfin, grâce à Salehe, le volontaire tanzanien d’ATD, nous avons la possibilité d’assister à une réunion de l’association des cyclistes de Dar es Salaam UWABA. Créée par un tanzanien et une irlandaise qui étaient des cyclistes quotidiens à Dar, l’association a notamment pour but de promouvoir la sécurité des cyclistes dans la ville. Ils sont maintenant en passe de créer avec d’autres mouvements similaires un “African Bicycle Network”. Ils ont lutté pour leur existence les deux premières années en expliquant qu’aucun per diem ne serait payé à quiconque. Le résultat c’est que 5 ans plus tard,  ils ont une équipe de base d’une vingtaine de Tanzaniens, vivant souvent dans la pauvreté, ultra motivés qui font du bénévolat pour changer les choses dans leur ville. Ils sont en train de créer une coopérative de coursiers cyclistes à Dar afin que les membres puissent avoir un travail stable.

Ce mois avec ATD et UWABA nous a fait prendre conscience que des changements sont possibles (et nécessaires) en Afrique comme ailleurs. Mais ces changements prennent du temps et nécessitent un capital humain important. Nous constatons cependant que rares sont les organisations qui ont ces deux atouts.

Pour nous, en tout cas, une chose est claire, nous serons toujours des alliés d’ATD Quart Monde et nous resterons à la recherche d’associations comme UWABA tout au long de notre voyage.

(Sorry, but the internet connection is too slow for putting photos in the text!  They’re available online here though, thanks!)

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6 Responses to Dar es Salaam

  1. Daniel et véro says:

    Hé bé…. on vous a bien oublié pendant tout ce temps. Pas cool… Heureux de pouvoir lire de vos nouvelles et de savoir que tout va bien (mais nous n’en doutions pas).
    Ici ca a été une mauvaise période, mais finalement rien de grave. Grosse fatigue et grosses déceptions. Sans plus. Mais cela nous a recroquevillé sur nous-mêmes égoïstement. désolés.
    Allez, on vous suivra plus assidument dorénavant !!!
    Bisous
    Véro et Daniel

  2. Tysa says:

    Yes-working from within. The onion. Ultimately the only way. This is why the program Dad and I are involved with was to help their medical school increase the number of Tanzinaian health care workers and to provide local brain stimulation in continuing eduacation so they don’t all leave. They burn out so fast when 1 doctor takes care of 25,000 people.
    Still even there you are right, they built a complex on the hospital grounds that the hospital workes call the “Taj mahal” , complete with silk sheets for the spoiled big donors who come to Mwanza and thought the best hotel there was not good enough for them.
    In terms of the hatred, One of the residents who went to Tanzania from U of Chicago , who was most beloved by the docs there and who we thought really got it, wrote a blog when he got back explaining the deplorable state of Tanzinian doctors education & training and all kinds of other demeaning things that really hurt those who considered him a trusted and mutually respected colleague. He showed the underneath hate as you said, he didn’t even understand he was doing that, so little insight, that when he found out how angry and hurt everybody was he didnt know why.
    I actualy am naive enough to think that people make these international efforts with the right intentions. They just have no experience with Africa. It is not the same as poverty in the US, which is the only other poverty I can address. I was told when I went to Africa that I couldn’t possibly understand it from here. That was so completely true( and one of the reasons I was enthusiastic about you seeing the world). It is such an onion of problems in compounding fasion that you have to work your way from the inside out. not from the outside in. There will be no white, non swahili speaking foreigner, living in the Taj, who will ever make a difference there. Even so Father LeJac, A Maryknoll Priest,who was the most inspiring person at BUCHS and had been there for 15 years, spoke fluent Swahili and lived in a room in the hospital leaving it pretty much only to go to the office hospital or the church, , when I asked him how he could stand things like the Taj which made me want to puke, told me “there are rich people and there are poor people and it is the fault of neither and his job was to put the two together”. At the time he said it, I thought it was religious blather, but he lived it and made the most major change in the number of doctors in Tanzania that has ever been made. There are aspects of the Catholic church in Africa and South America that work from the center of the onion
    Love Terri

  3. Bob says:

    Dave and Anna: you really do have to read “white man’s burden” by Easterly. He makes the arguments about development aide that mirror and complement your own observations on the ground. Easterly divides the aide type people into two types. The first group are planners (whom he doesn’t trust). They have big meetings where they talk about grand things and who come up with grand schemes for fixing everything and making everything just grand) but who, he argues, do no good for anyone but themselves, and in fact do harm, since they often end up in bed with corrupt regimes, competing with other NGO’s for the same turf, and making their own balance sheets look good at the expense of those they are intended to help. The other people (whom Easterly admires) are problem solving in their orientation, practical and non-dogmatic people, who don’t propose grand solutions, but specific limited proposals to solve limited and local and unique problems. They look at individual problems in individual solutions and work to devise pragmatic small solutions. They are not concerned with “education” or “transportation” or some such issue, but are concerned with getting a way to teach the kids in one particular neighborhood using the resources and opportunities avaialable to them, and not building great highways, but in building a specific bridge across a stream that will unite two halves of a particular town and make getting food to market easier for these particular villagers…etc. He also makes the case that much of what passes for foreign aid is just the latest, very damaging, and not very nice version of colonialism….the “West knows best” and we need to educate the “rest”.
    The book is on your “kindles” which are on their way to belgium later this week, unless delayed by volcanic ash.
    Love
    Dad

  4. Pingback: cycling, east africa, and NGOs « paperairplanes

  5. steph says:

    hello les globe trotteurs, vos photos d’enfants avec leurs dessins sont magnifiques, faudra vraiment mettre sur pied une expo à votre retour! Toujours chouette d’avoir de vos nouvelles, vos récits de voyages et vos avis critiques! Je vous donnerai plus de nouvelles par mail, i’m not used to write on blogs that everyone can read, bisou, que votre route continue à être belle et enrichissante, mais comment pourrait’il en être autrement??? steph

  6. luc says:

    Great post guys, thanks! How true! It has thrown me back to the late 90’s when I left the humanitarian business because I realized I was helping myself (career plans, great travelling opportunities, searching for my own self, etc.) and the political causes of the most influential countries of this planet, rather than anyone who actually needed help.

    Thumbs up to these guys at ATD, who are exceptions in the expat world.

    Bon vent à vélo (vent arrière de préférence :-) )!

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