La Tanzanie

(Photos disponibles ici)

(Des infos pratiques pour les cyclistes disponibles ici)

DSC01538C’est au moment où nous nous demandions si nous avions les nerfs assez solides pour voyager à vélo en Afrique que nous avons passé la frontière Tanzanienne.

Et là, c’est le plongeon dans un océan vert et silencieux. Les villages sont séparés par des dizaines de kilomètres pendant lesquels nous ne voyons que très peu de gens.

Plus extraordinaire encore, l’accueil qui nous est réservé dans les villages Tanzaniens est radicalement différent de tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. Les gens sont charmants, souriants, polis et très respectueux de notre espace personnel.

Les adultes nous regardent de loin avec un grand sourire et disent à leurs enfants de ne pas s’agglutiner autour de nous.

Les enfants nous saluent avec un “Shikamoo” (mes respects) et les adultes avec un “Habari?” (“Quelles nouvelles?). Partout nous sommes accueillis avec des sourires et des “Karibu” (bienvenue) et “Pole na safari” (“désolé pour le voyage” ce qui ne manque jamais de nous faire sourire car nous ne sommes pas du tout désolés de faire ce voyage!).

DSC01619Personne ne crie “Mzungu, give me money!’ et d’ailleurs, avant notre arrivée à Dar es Salaam, nous n’entendons pas souvent le mot “Mzungu”.

Nous n’avons évidemment rien perdu de notre statut de blancs super riches mais la méthode change. Dans les villages, à la fin de chaque repas, un homme, jeune ou vieux, nous approche et après une longue série de questions nous demande notre aide pour “agrandir son business”, ” acheter un vélo” , “acheter un soda” ou parce qu’il va au marché et qu’il voudrait “s’acheter des oignons”. Un refus poli est toujours accepté avec le sourire et avec la résignation un peu fataliste qui semble caractériser les Tanzaniens.

Ce changement, auquel nous n’osions plus croire, transforme notre déprime en énergie. Tout à coup, tout nous semble possible! Nous sommes d’excellente humeur la plupart du temps et saluons tout le monde. Nous apprenons quelques mots de Swahili (une langue introduite par Nyerere et parlée par tous. C’est probablement une des grandes forces de la Tanzanie) et cela met une chouette ambiance lorsqu’on essaie de demander quelque chose.

Toutefois, faire du vélo en Tanzanie reste une expérience difficile. Premièrement, il y fait chaud. Nous sommes obligés de changer de rythme. Ainsi, nous commençons à pédaler vers 6 h du matin et nous faisons une pause entre 11 h et 16 h où rien ne peut bouger sous le soleil sous peine de brûlures douloureuses.

Deuxièmement, la Tanzanie n’est pas aussi riche que ses voisins et les infrastructures n’y sont pas très développées. Mises à part les grandes routes qui sont en train d’être construites par les Chinois (les seuls non-Africains que nous ayons vu un peu partout dans le pays), les pistes sont en particulièrement mauvais état. Le sable, les pierres et les nids de poules rendent toute forme de transport autre que la marche inefficaces.

Enfin, le pays est grand et les distances entre les villes sont assez conséquentes.

IMG_4865Nous décidons aussi de changer de trajet. En Belgique, nous pensions passer du sud du Burundi vers Mbeya, dans le sud- ouest de la Tanzanie. Nous apprenons que la piste est en très mauvais état et que c’est vraiment loin de tout. Après de longues discussions, nous décidons de traverser tout le pays pour aller jusqu’à Dar es Salaam, à plus de 1300 km de la frontière.

Cette traversée fut passionnante et nous y avons mis plus d’un mois.

Nous sommes passés à côté des mines d’or de Kahama et des mines de diamants de Shinyanga. Les mines sont protégées par des fils de fer barbelés et de grands miradors. Nous y voyons aussi les seuls blancs avant Dar (des Sud-Africains paraît-il) qui ne soient pas des missionnaires ou des volontaires du Peace Corps. (Le Peace Corps est un instrument de politique étrangère géniale des Etats-Unis. L’idée est déconcertante de simplicité: il s’agit d’envoyer des jeunes américains idéalistes (oserais-je dire “naïfs”?) et volontaires dans le monde “en voie de développement” pour faire des petits projets d’éducation (sans grands moyens et la plupart du temps inefficaces) afin de donner une belle image des USA. Cela ne coûte rien au gouvernement (une peace corps nous a dit que jusqu’il y a peu leur budget était égal à celui consacré aux fanfares de l’armée américaine…) et tout le monde est content.)

Nous faisons souvent du camping sauvage dans le bush ce qui nous permet de vivre avec moins de 4 euros par jour. Par ailleurs, le camping nous assure – la plupart du temps- une bonne nuit de sommeil car si la plupart des guesthouses sont propres et de très bonne qualité-prix, il y a souvent un vice caché qui ne se manifeste qu’une fois la nuit tombée (bar avec musique jusqu’à 4h30 du matin à côté d’une mosquée avec un imam zélé qui à 5 heures du matin a envie de partager non seulement l’appel à la prière avec le reste du monde mais aussi l’entièreté de la prière qui dure une heure).

Il y a aussi souvent des moustiques ou des puces. Par contre, il y a rarement une circulation d’air permettant de respirer.

Avec un peu de malchance, l’ensemble de ces facteurs est présent dans une même chambre d’hôtel. S’il est évidemment pénible de devoir passer deux semaines sans avoir une bonne nuit de sommeil, nous pensons aussi aux Tanzaniens qui vivent toute leur vie dans ces conditions.

Jusqu’à Singida, nous empruntons la route en tarmac qui est la seule route en direction de Dar es Salaam. Après nous décidons d’emprunter les pistes tanzaniennes. Celles-ci nous apportent le meilleur mais aussi le pire.

Le meilleur était de loin l’hospitalité qui nous a été offerte par les Pères Blancs dans une petite ville, par Morris, un jeune étudiant Tanzanien (le premier Africain a nous avoir invités à dormir chez lui!) et par des missionnaires américains.

DSC01558Le pire c’était lorsque nous sommes arrivés à Kwa Mtoro pensant être à 3- 4 heures à vélo de Kondoa où nous voulions prendre une journée de repos. Nous empruntons la piste qui petit à petit se transforme en véritable banc de sable à travers desquels nous devons pousser nos vélos. Par ailleurs, la route commence à grimper solidement. Tout à coup, je sens comme une aiguille se planter dans mon dos: une mouche tsétsé. Puis 2, puis 20 et puis 100.

Nous mettons plus de 5 heures à parcourir les 50 km qui séparent Kwamtoro du prochain village. Même lorsque nous devons pousser nos vélos dans le sable nous n’avons pas de main libre pour chasser les 50 mouches tsétsé qui se sont tranquillement installées dans notre dos et qui nous sucent le sang. Leurs piqûres font vraiment mal! En plus de cela, il fait particulièrement chaud et nous sommes complètement déshydratés lorsque nous arrivons enfin à Kondoa après une journée de plus de 8 heures. C’était de loin la pire journée de vélo que nous ayons jamais eue mais on se dit que finalement, les choses auraient pu être bien pires si les gros félins dont nous avons suivi les traces sur tout le chemin avaient décidés de venir nous dire bonjour…

Nous nous remettions de nos émotions à Kondoa lorsque nous sommes gentiment invités par un couple de missionnaires américains à venir partager des pizzas avec quelques volontaires du Peace Corps. Cela ne se refuse pas. Depuis lors, nous avons été régulièrement amenés à découvrir la solidarité de la communauté blanche en Tanzanie qui mène parfois à de drôles de situations. Comme celle-ci où se retrouvaient autour de la même table des Républicains conservateurs et religieux avec des Démocrates libéraux et athées. Il ne fait pas bon parler de politique mais heureusement, il y a un sujet commun: les Tanzaniens, dont décidément, il est impossible de comprendre les mœurs…

Cette nuit-là, on nous raconte des histoires d’horreur sur le frère du cousin de l’ami du voisin d’untel qui a été piqué par des mouches tsétsé et qui en est mort. Mort de cette fameuse maladie du sommeil qui a empêchée depuis la nuit des temps les Africains de reprendre de la précieuse terre aux mouches tsétsé. Nous téléphonons à la famille de Dave qui nous conseille d’aller voir un médecin pour faire le test. Evidemment, c’est un conseil prudent émanant de médecins New-Yorkais qui en plus se trouvent être nos parents…

Nous partons donc en bus pour Arusha. Ce voyage en bus (10 heures pour couvrir 210 km avec en plus 2 heures de panne à 15 km du point de départ) augmente de 50% la probabilité qu’on doive voir un médecin à Arusha. Lorsqu’on va à l’hôpital, le médecin se moque de nous. Certes, il y a un risque mais il est minime et de toute façon il faut attendre 15 jours avant de pouvoir faire un test.

Nous voilà donc à Arusha, pour rien. Heureusement, nous avons le flair d’aller visiter un marchand de vin et de fromages français, juste pour le plaisir des yeux. Nous y passons  une après-midi où le vin coule à flots avec les Français les plus sympa du monde et repartons avec un camembert sous le bras. Un vrai bonheur !

Nous en profitons aussi pour nous rendre au pied du Kilimanjaro. Même si nous ne voyons pas beaucoup de neige au sommet, il est très impressionnant de voir le plus haut sommet d’Afrique s’élever à presque 6000 mètres au beau milieu d’une plaine.

DSC01598Retour à Kondoa d’où nous repartons pour Dar es Salaam via une piste qui traverse la steppe Maasai. Les Maasai sont légendaires dans le monde entier. C’est probablement la seule tribu que tout le monde connaisse. Dans l’imaginaire occidental, ils représentent “les vrais africains”. Tous les gardiens des endroits pour blancs en Afrique de l’Est sont Maasai.

Notre envie de voir des Maasai a évolué avec le temps. Il y a quatre mois, nous avions bien vu qu’une grande majorité des Africains ne vit plus ni en tribu ni en vêtements traditionnels. Au contraire, la plupart des gens essaient de vivre une vie à l’occidentale avec moins de 2 $ par jour. Nous ne voyions pas l’intérêt d’aller voir des Maasai vu qu’ils ne représentent qu’une minorité. (il faut généralement payer pour les voir “vivre dans leur village” dans un parc national. De là à dire qu’il s’agit d’un safari humain, il n’y a qu’un pas).

Aujourd’hui, après quatre mois où nous avons vu à quel point 400 ans d’esclavage, 70 ans de colonialisme et 50 ans de néocolonialisme humanitaire ont détruit quasiment tout ce qui était Africain, nous avons changé d’avis. Nous sommes assez fascinés par ce peuple qui a décidé de continuer de mener une vie  pastorale au milieu de nulle part. Bien sûr, ils ont fait des concessions à la modernité et il est assez génial de voir un Maasai drapé dans les tissus traditionnels et couverts de bijoux sortir de sa poche près de son couteau traditionnel un blackberry ou de conduire une moto ou de voir des Maasai tranquillement assis sur la table d’une terrasse en train de déguster un Nescafé.

Comme beaucoup d’observateurs étrangers, nous sommes alarmés de voir à quel point les Africains n’ont aucune fierté d’être africains et à quel point très peu de savoir ancestral a été conservé. Ainsi, beaucoup d’Africains préfèrent payer des médicaments chers et vilains (qui sont d’ailleurs souvent des faux!) plutôt que d’aller cueillir la plante médicinale à base de laquelle ce médicament a été fait dans leur jardin. Ils n’ont pas confiance dans le savoir et la sagesse de l’Afrique et pensent que tout ce qui est occidental est génial.

Bref, voyager à vélo avec les Maasai nous fait voir un autre côté de l’Afrique de l’Est.

DSC01612Et puis, il y a le soir où nous sommes arrivés à Korodiga que notre carte avait présenté comme étant un bourg. Il s’agit en fait d’un tout petit village. Heureusement nous dit-on, il y a une guesthouse derrière le café du coin.  Nous attendons son propriétaire pendant 2 heures car il était parti à la ville. Lorsqu’il revient, il est complètement saoul.  Il rentre vite dans une petite pièce avec des  draps et puis il nous dit qu’on peut dormir là. En fait, il s’agit de sa chambre qui fait 4 mètres carrés et qui est pleine de mégots, de cadavres de bouteilles et de vêtements sales. Sur le sol à 20 cm du lit, gît une grenouille desséchée. Des nids d’insectes envahissent les murs mais les toilettes sont relativement propres (le fait qu’il n’y ait pas de toit y contribue).

On décide donc de rester après avoir négocié un prix raisonnable. Nous finissons même par nous dire, que finalement ce n’est pas si terrible que ça. Lorsque nous éteignons la lumière, nous entendons des bruits sur le toit en fer ondulé. Dave me dit de ne pas m’inquiéter, que l’animal est dehors. Voyant une ombre assez grosse passer au dessus de la porte (le toit est posé sur les murs, laissant un espace assez important entre les deux), j’allume la lumière. Je découvre avec horreur 3 gros rats qui nous regardent du haut de la charpente, juste au-dessus de nos têtes. J’explique à Dave que je ne peux pas dormir dans ces conditions. Lui, il s’en fout un peu, il dort déjà. Bon, après 20 minutes de veille, je me rends compte que cela ne sert à rien, qu’il n’est que 22h30 et qu’il ne fera pas jour avant 6h00. Je me recouche et je me rendors un peu. Lorsque le bruit des rats me réveillent, je rallume ma lumière juste pour checker qu’ils ne sont pas prêts à nous sauter dessus même s’ils sont à chaque fois juste au-dessus de nos têtes. Vers 3 heures, Dave m’annonce que les rats ne sont plus au-dessus de nous. Quel soulagement ! La mauvaise nouvelle c’est qu’ils sont en-dessous du lit. Il est trop tôt pour partir. On se rendort avec la lumière allumée. On a à nouveau passé une mauvaise nuit…

Après ça, nous sommes assez fatigués physiquement, nous carburons et faisons même une journée de 130 km dont la moitié sur piste de sable pour arriver le plus rapidement possible à Bagamoyo, petite ville sur la côte à une journée de vélo de Dar es Salaam.

Nous prenons deux jours à Bagamoyo qui devait être une très jolie ville à l’époque et qui est déjà très différente de ce que nous avons vu jusqu’à présent. Nous profitons de la plage de sable blancs avec cocotiers et nous mangeons dans un restaurant français pour fêter mon 28ième anniversaire . Nous attendons Dar pour pouvoir fêter notre deuxième anniversaire de mariage.

Nous sommes arrivés en pleine forme à Dar es Salaam il y a une semaine. Nico, notre ami qui travaille pour la CTB (coopération belge) nous a gentiment ouvert les portes de son appartement et nous avons commencé à travailler avec l’équipe d’ATD Quart Monde.

Le programme maintenant est de rester encore 2 semaines à Dar pour travailler avec ATD et puis d’aller visiter Zanzibar avant de prendre le train pour Mbeya, notre destination première, qui est à une journée à vélo du Malawi.

Nous essaierons de mettre notre site à jour prochainement et nous sommes désolés pour le nombre de semaines qui séparent nos updates – qui sont du coup beaucoup trop longs!- mais il est extrêmement difficile de trouver une connexion internet ici. Désolée donc et je vous remercie de m’avoir lue jusqu’ici. Merci aussi à tous ceux qui nous envoient des messages de soutien, chaque mot nous pousse à pédaler plus fort. Merci mille fois!

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(Practical information for cyclists available here)

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13 Responses to La Tanzanie

  1. Jaymeen says:

    Hi there guys

    Great to see things have moved to sandier and more relaxed times! Hope all’s well, and keep up the great work – it’s cool to read about such different and amazing experiences from grey Brussels!

    Jaymeen

  2. Laurence says:

    Chers Annabelle et Dave,

    Merci pour vos récits et photos du bout du monde, cela permet de voyager un peu tout en restant au bureau à Bruxelles… ;)
    Si vous étiez passés par le Tchad, j’aurais pu vous donner l’adresse d’une copine qui est là pour 2 ans qui vous aurait accueilli à bras ouverts, mais il me semble que vous n’êtes pas à court de belles rencontres, malgré les difficultés.

    Prenez bien soin de vous!
    Laurence

  3. KCM in NYC says:

    Wonderful to hear from you. I love the way that you bring your special sense of humor to your observations and you have given me a new sense of Africa, particularly enjoyable from cold and rainy New York. David, put your sunglasses on a cord around your neck! Love, M

  4. Dan says:

    Amazing. I am proud of you guys, and you should be proud as well (as I am sure you are). 4000KM is no small achievement in and of itself never mind the conditions you are biking in. Keep the updates coming and the amazing photos. Love, Dan

  5. Liz says:

    But you didn’t tell us what ATD fourth world is or what they do or why they are so amazing!!! Since I am spending a lot of my time working with, for, around, under, over, among various NGOs, I would so love to hear about one that is functional – I guess I will have to resort to the internet to find out. But let us know what you are doing when you post next. I love these updates! I am totally envious of your adventure and commitment and totally stunned by what it means to actually do something like this. You are both amazing!! We miss you here in the US, but are so happy you are doing well and pursuing this great adventure. Lots of love, Liz (and Steele)

  6. admin says:

    Hi Liz – don’t worry, we’ll have more on ATD in a future post, they’re hard to explain sometimes, but that’s what makes them so cool!

  7. céline dulac says:

    je suis la fille de Bruno Dulac avec qui vous travaillez en ce moment à Atd. Racontez-nous ce que vous y faites… Ce sera un regard différent. Ainsi j’ai découvert votre site avec plaisir, merci de nous faire voyager. Bons voyages! et de belles rencontres! céline (thairé, la rochelle)

  8. Coucou vous deux!
    Magnifique votre voyage!
    Quelle belle leçon de vie!
    Mille bisous à partager entre vous deux
    Martine

  9. Nancy Lohman says:

    Dave and Annabelle,
    We love the updates and all the nitty gritty details. What an experience you’re having! Dave, this should be good material for atleast several books. The Lohmans are all well and miss you both.

  10. stephen says:

    AMAZING, I am thinking of mozambique but i see you wont be passing through. I was in the north of Mozambique for 6 months and i have friends in Dar where you are, with ATD.
    Big hellos if you dont mind.
    speaking of singing try listening to some umu sang ga ray,i have no idea of her spelling so i wrote as how i would say her name. Beautiful music of Malawi though.
    here, all the best you guys.
    steve

  11. Christine says:

    Salut Dave et Annabelle !
    Cela fait du bien d’avoir des nouvelles de vous après vos difficultés en Ouganda.
    Et ces photos ! Quelle beauté autour de vous…
    On a beaucoup pensé à vous quand on a construit notre potager ce printemps. Il y a plein de légumes qui y poussent déjà, issus de sémences de Mouscron.

    And as you are speaking of encouragement, and because I LOVE Julie Andrews: “Let them bring on all their problems, I’ll do better than my best… I have confidence in confidence alone, besides which, you see, I have confidence in me.” Singing that out loud helps me loads when I’m stressed. :)

    We miss you in Brussels. Safe travels.

  12. Nan says:

    Dear Anna & Dave,
    So good to hear you made it to Dar and onward. We loved having you with us when you passed through Kondoa. Have a safe jouney to SA. Blessings, Nan & Terry

  13. Pingback: The end? | permacyclists

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