Mfangano

(Photos disponibles ici)

(Des infos pratiques pour les cyclistes sont disponibles ici)

Tout d’abord, nous vous souhaitons une excellente année 2010!

Nous revoici à Kisumu un peu plus tôt que prévu car nous avons décidé de quitter l’île de Mfangano après un séjour de deux semaines seulement, partiellement à cause de pluies torrentielles inattendues.

Quant à notre expérience sur l’île de Mfangano, celle-ci était positive et enrichissante même si elle s’est parfois révélée être un vrai challenge.

Après avoir quitté Kisumu il y a trois semaines, nous avons rejoint la ville de Mbita, situé au bout du Golfe et dernière ville avant le majestueux lac Victoria, via la pire route que nous ayons jamais vue. Nous avons mis deux jours pour parcourir 150 km dans la boue . En fait, c’était plutôt 190 km vu qu’on s’est trompés de chemin – à sa décharge et on s’en est rendu compte après 20 km…on ne s’est plus parlés pendant quelques heures après ça…

Arrivés à Mbita, tout couverts de boue, nous nous mettons à la recherche d’un camping. Nous tombons par hasard sur un projet d’éducation à l’environnement (SEEK) tenus par des évangélistes chrétiens. Un couple charmant, Erin, une canadienne et Paul, un Kenyan, nous offre le gîte et le couvert.

DSC01160Le lendemain, nous embarquons avec nos vélos sur un canoë pour l’île de Mfangano. Nous avions découvert le projet en question via le site du Wwoofing où il était décrit comme une ferme  en  permaculture associée à un projet communautaire contre le HIV/SIDA. Après un bref échange d’e-mails cet été, nous n’avions plus eu de nouvelles de Richard, le responsable du projet. Nous n’étions donc pas sûrs d’être attendus…

Heureusement, Peter, que nous rencontrons sur le bateau et qui travaille comme infirmier au Centre médical de l’île, connaît bien Richard et nous mène jusqu’à sa maison. Nous sommes quasiment certains que nous n’étions pas attendus mais cela n’a jamais été dit.

Nous avons donc planté notre tente à quelques mètres de la toute petite maison de Richard, Ruth et de leurs trois enfants. Trois cousines venues de Mombasa pour les vacances scolaires partageaient avec eux les 25 m2 de surface habitable.

Grande a été notre déception lorsque nous avons découvert que la ferme en question était une petite ferme bio “ordinaire” et que Richard avait entendu parler de la permaculture via d’autres wwoofers et trouvait le concept très intéressant mais sans plus.

Nous serions partis plus rapidement si cette déception n’avait pas été accompagnée d’une superbe opportunité d’en apprendre plus sur la permaculture. En effet, Richard venait d’acheter un terrain de 4000 m2 à côté du lac et il y faisait construire sa nouvelle maison. Le terrain est, à l’instar de la quasi-totalité de l’île, très érodé et recouvert de bien peu de plantes.

Nous lui proposons alors de créer un design en permaculture pour son terrain. Cela permettrait à une famille de 5 de vivre en autonomie et de vendre les surplus au marché local. Richard accepte avec beaucoup d’enthousiasme et nous nous mettons au travail. Vous êtes invités à découvrir notre design dans la rubrique permaculture (la traduction française devrait suivre un jour…)

Très vite, nos journées prennent un rythme. Nous nous réveillons vers 7h pour nous diriger vers son terrain situé à 1 km de là. Nous plantons des arbres, creusons des baissières ( “swales”), construisons des croissants et surtout observons le terrain pour faire un design bien adapté à sa réalité.IMG_3821

Vers 9h30-10h00, l’une des cousine de Richard nous apporte le petit-déjeuner composé de crêpes ou de beignets accompagnés du chaï dont nous sommes devenus complètement dépendants (il faut préciser qu’ironiquement le seul café disponible au Kenya est du Nescafé – si on peut appeler cela du café). Lorsque le soleil commence à dessécher tout ce qui bouge, nous rentrons à la maison où nous attend un lunch frugal préparé par les cousines.

Nous consacrons nos après-midi à la conception du design et vers 16h00 nous repartons travailler sur le terrain. Vers 19h00 nous retournons vers la maison et nous mangeons avec toute la famille vers 21h00. C’est à ce moment-là qu’on lance le générateur qui alimente la télé. Nous mangeons devant des clips de musique Luo ou de hip-hop kenyan (qui est assez sympa).

Après quoi nous essayons de trouver le sommeil entre le chien qui aboie à toute heure du jour et de la nuit et le coq qui chante à partir de 4 heures du matin à 30 centimètres de la tente. Vu qu’un sommeil de mauvaise qualité a tendance à me rendre dingue après quelques jours, j’ai commencé un lobby pour qu’on mange le coq à Noël. Tout se passait bien jusqu’à ce que Richard décide qu’on mangerait plutôt un mouton. Le coq a donc continué impunément à saluer le soleil jusqu’à notre dernière nuit sur l’île.

Ces deux semaines nous ont donc donné l’occasion de vivre avec une famille kenyane et l’expérience était très instructive. De manière un peu étonnante, la famille de Richard reproduit un modèle assez typique où le sexe définit entièrement le rôle social de chacun.

IMG_4083Ruth s’occupe entièrement du ménage et tient en plus un petit salon de coiffure faisant office de modeste internet café qui ne désemplit pas. Lorsqu’elle rentre vers 19h30 pour passer sa soirée à préparer des plats traditionnels compliqués, je ne me peux pas m’empêcher de me sentir frustrée envers Richard qui ne travaille pas autant.

Ceci dit, Richard est un homme très sympathique et il doit être difficile de changer les choses lorsque les femmes elles-mêmes sont plus que ravies de faire tout le travail. J’étais par exemple très étonnée de voir qu’elles cuisinaient tous les matins pendant au moins une heure alors qu’elles pouvaient simplement nous donner du pain avec de la margarine ou encore le nombre de fois qu’elles changeaient les vêtements des enfants créant ainsi quotidiennement une immense masse de linge à laver.

Sur une île sans eau courante ni électricité, tout se lave dans le lac qui sert donc de lave-linge, lave-vaisselle, baignoire, réserve d’eau pour les hommes et les animaux et de piscine.  On essayait de ne pas trop réfléchir quand on devait se laver dans le lac qui est infesté de bilharziose selon les médecins  rencontrés avant notre départ. Cela nous donnera peut-être l’occasion de découvrir les hôpitaux ougandais?

Quoiqu’il en soit, je me sens rapidement mal à l’aise d’être servie trois fois par jour et de regarder les trois cousines, les deux filles et Ruth courir partout pour essayer de devancer le moindre désir de sa majesté les hommes. Je propose mon aide qui est très vite acceptée. Dave lui n’a pas le droit de toucher la moindre assiette. Si au début, les femmes ne me laissent que couper les tomates, je gagne leur confiance un soir en préparant des spaghettis à la sauce…tomate. Le temps passé en cuisine (càd dehors) me donne une magnifique occasion de découvrir toutes les femmes de la maison.

Lors de ce séjour, nous sommes aussi amenés à découvrir le contexte général dans lequel vivent les habitants de l’île de Mfangano. Toute la région est ainsi menacée par un taux de HIV/SIDA extrêmement élevé et par un problème de déforestation sévère.

Évidemment, l’ombre de l’homme blanc est rarement loin lorsque l’on parle de destruction en Afrique.

Ainsi, ce sont des britanniques qui ont décidé un sombre jour de 1954 de jeter 6 perches du Nil dans le lac Victoria. Leur idée était de créer une importante industrie de la pêche, ce qui les amena tout naturellement à jeter leur dévolu sur ce poisson carnivore- voire cannibale- pouvant atteindre le poids de 250 kg et pouvant être revendu sous le label générique de poisson blanc dans le monde entier.

Ces Britanniques, ne s’étant pas posé la question de savoir quelles pouvaient bien être les conséquences de l’introduction d’une telle espèce dans un environnement aussi particulier, n’avaient pas prévu que les perches se développeraient au point de détruire les 300 espèces de poissons locales et partant l’écosystème entier du lac Victoria.

La destruction d’un écosystème est invariablement accompagné de la destruction des tissus sociaux, économiques et sanitaires existants pour les humains.

Voici ce qu’il s’est produit ici: dès les années 1980, la pêche dans le lac Victoria a connu un boom mondial. La masse de cash disponible pour les pêcheurs (qui n’est bien évidemment en rien comparable à la masse de cash venant du lac jusqu’aux USA et en Europe)  n’a pas manqué d’attirer un grand nombre de migrants venus des quatre coins de l’Afrique de l’Est. Ceux-ci se sont installés sur les rives du lac, imposant une charge supplémentaire sur la production alimentaire locale et ont amené avec eux une nouvelle maladie mortelle.DSC01190

Jusqu’alors, les communautés locales, composées essentiellement de Suba et de Luo, vivaient de la pêche des espèces locales et d’agriculture vivrière. Très vite cependant, les pêcheurs devant répondre à la demande mondiale ont commencé à pêcher la perche avec toutes les techniques possibles, que celles-ci soient légales ou non, et voilà qu’aujourd’hui à cause de la sur-pêche, le nombre de perches a drastiquement diminué. Ceci oblige les pêcheurs a passer plus de temps sur leur bateau pour moins d’argent. Alors que le prix du poisson (je parle du prix d’achat par les grosses compagnies exportatrices payé au pêcheur) est resté stable, le prix des céréales a plus que doublé ces dernières années. La paupérisation fait son travail destructeur (alcoolisme, évangélisme prônant l’abstinence,etc).

Par ailleurs, à cause de son poids, la perche du Nil ne peut être conservée par séchage contrairement aux espèces locales  mais elle doit être fumée. Ceci entraîne un énorme problème de déforestation, visible partout et rendant encore plus difficile l’agriculture vers laquelle plus personne ne se dirige vu le temps et le capital devant être investis pour un résultat incertain. Et puis, l’agriculture ne ramène pas autant de cash que la pêche.

Enfin, si les hommes ont du travail et donc de l’argent, la situation n’est pas aussi simple pour les femmes, non-mariées ou veuves. Celles-ci n’ont dès lors d’autre choix que de vendre leur corps pour obtenir un peu d’argent ou du poisson à manger. Ce phénomène infernal de “fish-for-sex” a eu pour effet direct d’accroître de manière fulgurante le nombre de personnes atteintes du HIV/SIDA (officiellement, on parle de 30% mais officieusement, le chiffre exact se situerait plutôt vers les 40%, oui, 40%! le taux le plus élevé au monde). La pandémie crée encore plus de veuves et d’orphelins et le cycle est sans fin.

Tout ça pour des fish sticks !

Si on peut encore laisser le bénéfice du doute aux anglais ayant introduit la perche il y a 56 ans, il est absolument criminel que le FMI, la Banque Mondiale et l’Union européenne continuent de promouvoir l’industrie de la pêche dans le lac Victoria sans proposer de transition vers un système durable.

C’est pour cela que Richard et quelques autres personnes ont fondé une association sur l’île de Mfangano (qui est particulièrement touchée par le phénomène parce qu’elle est un habitat très apprécié des perches) pour recréer une communauté vivant en harmonie avec l’environnement et pour tenter de trouver une réponse locale à la pandémie du SIDA. Cette association a notamment entamé l’énorme travail de permettre aux personnes de découvrir leur statut HIV et de mettre en place des groupes de soutien. Si vous vous sentez l’âme généreuse, n’hésitez pas à leur faire un don. Vous pouvez visiter leur site sur www.organichealthresponse.org.

Le travail à faire ici est immense et nous sentons que la permaculture fait clairement partie de la réponse. C’était génial de voir que Richard partage notre sentiment.
Nous étions donc ravis de pouvoir réfléchir à l’implantation d’un projet en accord avec les principes de la permaculture sur l’île de Mfangano.

Malheureusement, il a commencé à pleuvoir la veille de Noël -alors que la courte saison de pluies est censée être finie depuis quelques semaines- et la pluie n’a jamais cessée.

IMG_3888C’était très triste parce que nous avions passé le jour de Noël à cuisiner pour 20 à 30 invités et qu’à cause de la pluie, personne n’est venu. Ici, quand il pleut, tout s’arrête. Le pauvre mouton sacrifié pour la cause a donc été mangé à toutes les sauces par la famille pendant trois jours.

La pluie a également paralysé notre chantier vu que la terre est argileuse et qu’elle ne peut être travaillée une fois mouillée car cela détruit sa structure. Nous avions par ailleurs terminé notre design et le manque de sommeil (le duo chien-coq étant fatal) et d’espace privé (deux semaines constamment entourés de gens et particulièrement d’enfants en bas-âge: c’est intense!) nous ont fait hésiter quant à la date de départ.

S’ajoutait à cela une difficulté supplémentaire: l’accueil par les habitants de l’île. Il n’y a pas beaucoup de wazungu qui passent par l’île et plus particulièrement par Sena et nous étions constamment observés et harangués par les locaux. Si nous sommes habitués à l’attention que nous recevons dans la plupart des pays du Sud, nous la percevons d’habitude comme l’expression d’une curiosité sympathique. Or, ici, l’attention était plus malveillante et en tout cas moqueuse. Évidemment, nous avons rencontré plein de gens sympathiques et accueillants mais il est mentalement fatigant d’entendre des rires moqueurs dès qu’on sort de chez soi.

Lorsque l’on pose la question à Richard de savoir pourquoi ces réactions hostiles, il nous donne une réponse peu satisfaisante : “c’est un honneur pour les enfants de saluer un mzungu”. Mmmh.

Nous pensons que le fait qu’il y ait sur l’île un hôtel de luxe tenu par un mzungu, nous dit-on, où d’autres wazungu se rendent directement du parc national du Maasai Mara par avion pour payer la somme indécente de 500 $ la nuit, dont 0 centime revient à la communauté locale, joue probablement un rôle dans cette hostilité à peine voilée. En effet, tous les emplois sont pris par des gens venant de Nairobi et les gardes sont des Maasai (un garde Luo risquerait de laisser rentrer des locaux dans l’enceinte de l’hôtel).

Ce tourisme de luxe assez typique de l’Afrique de l’Est est parfaitement illustré par le genre de cartes postales qu’on trouve ici: ce sont soit des photos d’animaux sauvages soit des photos de femmes Maasai aux seins nus. Ajoutons à cela le phénomène de tourisme sexuel le long de la côte kenyane et on peut comprendre que le touriste blanc n’incite pas au respect. Et puis, il y a nous, tout sales, avec nos deux t-shirts, voyageant à vélo, ce qui est parfaitement incompréhensible aux yeux des gens que nous rencontrons, et cela n’incite pas beaucoup plus au respect…

En tout cas, ces contacts avec les gens de Mfangano nous permettent de pratiquer les principes de la communication non violente. Ce n’est pas facile !!

DSC01201Enfin, lorsque le 28 décembre, nous nous réveillons dans la tente pleine d’eau, Dave décrète: “Ok, that’s it, we’re out of here!”. Deux heures plus tard on était dans le canoë nous ramenant à Mbita et vers les gens de SEEK qui nous accueillent à nouveau les bras ouverts. Nous étions un peu tristes d’être partis si vite mais nous n’avions plus grand chose à faire sur l’île et un long trajet nous attend.

Alors que nous nous reposons à Kisumu pendant quelques jours, il continue de pleuvoir des cordes et nous ne regrettons aucunement notre décision.

Demain, nous partons vers l’Ouganda où nous avons envie de nous arrêter dans une école-internat avec un projet en permaculture et de rendre visite à Pierre, un ami d’unif qui part travailler dans le sud-ouest avec la CTB (coopération technique belge) ce mois-ci.

Merci de m’avoir lue jusqu’ici, comme d’habitude je suis beaucoup trop longue mais sachez que vous avez échappé à la moitié de ce que je voulais vous dire!

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14 Responses to Mfangano

  1. Dan says:

    Hey, sounds like an amazing experience. Love seeing the photos of you guys (in addition to the landscape) so be sure to keep those coming. Am going to read some about permaculture myself I think as it sounds very interesting. Love, Dan (and Molly who also loves reading the site and seeing the photos).

    ps Do you have skype access over there? It would be cool to introduce you to your nephew when he gets here via camera phone…

  2. Bob says:

    Very interesting to read about. An illustration of the connectivity of everything, and how disturbing an equilibrium, however well intentioned, can lead to unintended consequences. Reading a book called “Dead Aid” by Dambisa Moyo that makes some interesting similar observations on foreign aid to Africa and unintended consequences. Great photos guys. Can’t wait for the next installment.

  3. Ilke says:

    So nice to read your postings from Kenya!!! I was impressed by the co-op story: to hear that some good things do happen in this greedy world afterall! I also felt it heartwarming to read about your contribution to the design of the permaculture farm of Richard. I wish I could have joined you there! Your remark on accepting that people will always try to fullfill their own dreams even when based on a bubble is really tough but true. I find it one of the most difficult challenges of human kind: to see that the grass is not greener on the other side… Thanks for sharing it all and good luck! Ilke

  4. admin says:

    “Dead Aid” – a book that touched Anna right before we left. “It should be required reading,” she says, though she’s somewhat skeptical of Moyo’s exaggerated love of the free market. Still, her critique of aid seems right on from where we’re sitting…

  5. Dave and Anna – your stories are incredible and what you are doing is very admirable. I am interested in reading these books you mention and learn more about the world. Are there any specific readings from Edward Goldsmith that you can reccommend? I plan to order “Dead Aid” also. Keep up the writing. I love it.

  6. admin says:

    Hi from Kampala, Jo! We’re glad you like the site! As for Goldsmith – we both read “The Way” and honestly, it changed our lives. It’s pretty dense, but the chapters are small so it’s definitely manageable. He really sets out to build up a new sustainable worldview, and I for one thought it was pretty right-on.
    There are lots of other good ecology books out there though, more concrete ones for sure. “The World Without Us” for one, or “The Secret Life of Deer” even – which comes with tons of useful cocktail party information about animals…
    Anyway, we’re glad you’re interested! And thanks for reading!

  7. Dan says:

    Charlie is loving the site. Thinking of you guys.

  8. Charlie Meyer says:

    I am loving the site! It lets me know about the amazing world out there. Can’t wait to explore it. Love, your nephew, Charles

  9. admin says:

    Thanks Charlie – and don’t worry, we’ve already started planning how to kidnap you from your parents and get you on a bike! We picked out some good training wheels and everything, so you just hang in there, we’re coming!

    Otherwise, we’re in lovely Hoima, and all is well – we look forward to skyping soon!!!

  10. Tysa says:

    Hi D&A,
    We are following on google world. You guys are really moving! I bet those bike legs are pretty stong at this point. Your nephew is really(!) cute
    Love T

  11. Charlie Meyer says:

    Hi Dave, I am now 12 days old. I figure it is about time to start planning my first bike trip so Mum and Dad can get used to the idea early on. One question though, what is a permacycle and how can I get one? Love, your nephew, Charles

  12. Charlie Meyer says:

    Also, thank you for the training wheels. They are very tasty!

  13. Tysa says:

    hi guys I hope you are well, we love you
    Tysa

  14. Charlie Meyer says:

    Hey guys, hope to hear from you soon. Love, Charles

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